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Pourquoi le ministre du Travail et des Solidarités s’intéresse à l’entrepôt Lidl près de Metz ?

Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail et des Solidarités était de passage en Moselle, au cœur de la plateforme logistique de Lidl. L’occasion pour lui d’observer, sur le terrain, les investissements du groupe en matière de sécurité et bien-être au travail. Une initiative saluée, mais qui n’a pas empêché les syndicats de monter au créneau considérant que les conditions de travail n’en sont pas pour autant meilleures. 

En dix ans, les accidents du travail ont été quasiment divisés par trois dans les supermarchés et plateformes logistiques Lidl en France. Un résultat que le gouvernement veut ériger en exemple, alors que les arrêts maladie pèsent aujourd’hui près de 18 milliards d’euros pour la Sécurité sociale. En déplacement ce jeudi sur le site logistique d’Ogy-Montoy-Flanville, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a salué une stratégie fondée sur la réorganisation du travail, l’investissement dans de nouveaux équipements et le renforcement de la prévention. Mais derrière ces bons résultats, le climat social reste tendu : la CGT Lidl dénonce des conditions de travail dégradées et s’inquiète d’une rupture conventionnelle collective, avec 18 suppressions de postes envisagées sur ce site mosellan. Comment éviter les accidents de travail ? Pour tenter d’y répondre, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, était de passage sur la plateforme logistique Lidl d’Ogy-Montoy-Flanville.

Pourquoi avoir choisi de visiter ce site Lidl en Lorraine ?
J’ai souhaité venir ici parce que Lidl est une entreprise exemplaire en matière de prévention des risques professionnels. Il y a une dizaine d’années, il existait des difficultés, mais un plan très structuré a été mis en place. Les résultats sont là : les accidents du travail ont été quasiment divisés par trois. Cela repose sur une meilleure organisation du travail, des équipements adaptés et surtout une véritable culture de la sécurité, avec des salariés formés, notamment sur les gestes et postures. C’est cette dynamique que je suis venu saluer.

Un nouveau plan santé au travail doit être présenté début juin. Quelles seront ses priorités ?
Ce plan, renouvelé tous les quatre ans, s’appuie sur les retours d’expérience récents. Trois priorités vont être mises en avant. D’abord, la protection des jeunes et des nouveaux arrivants, plus exposés aux risques : nous voulons que les entreprises renforcent leur accompagnement dès l’embauche. Ensuite, la santé mentale, qui est devenue un enjeu majeur dans le monde du travail. Enfin, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, qui doivent être éradiquées des entreprises.

Les arrêts maladie coûtent 18 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale. Comment agir ?
C’est un enjeu à la fois humain et économique. Notre réponse repose sur trois axes. D’abord, la prévention, pour éviter les maladies professionnelles et les accidents. Ensuite, une meilleure prise en charge des arrêts longs, notamment liés aux troubles musculo-squelettiques ou à la santé mentale, afin de réduire leur durée et favoriser un retour plus rapide au travail. Enfin, il faut aussi lutter contre les abus, même s’ils restent marginaux, pour préserver l’équilibre du système.

Dans certaines entreprises, la réduction des effectifs entraîne une surcharge de travail. Que peut-on faire ?
Les décisions de gestion relèvent des chefs d’entreprise, qui doivent s’adapter à la conjoncture. En revanche, une chose ne doit jamais varier : la santé et la sécurité des salariés. C’est une obligation légale, mais aussi morale. Quelle que soit la situation économique, les entreprises doivent garantir que leurs salariés ne sont pas exposés à des risques.

Des salariés de Lidl se sont rassemblés aujourd’hui, inquiets après l’annonce de départs volontaires. Que leur répondez-vous ?
Les entreprises peuvent être amenées à prendre des décisions difficiles dans un contexte économique tendu. Mais ces situations doivent être accompagnées avec beaucoup de responsabilité. Il faut anticiper les impacts, notamment psychologiques, renforcer le dialogue social, informer les salariés et les accompagner. C’est essentiel pour maintenir la confiance. Je suis attentif à ce que cela soit fait dans de bonnes conditions.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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