Le scénariste culte des X-Men Chris Claremont était de passage à Metz ce samedi pour une séance de dédicaces à la librairie Momie.
Invité exceptionnel de la librairie Momie à Metz ce samedi, Chris Claremont est venu à la rencontre de ses lecteurs dans le cadre d’une tournée française dans les librairies de la marque. Une venue marquée par une séance de dédicaces très attendue et la présentation en avant-première de Wolverine : les chevaliers de Madripoor, dont la sortie est prévue le 13 mai.
Révolution de la saga X-Men
Figure majeure de l’histoire des comics, Chris Claremont reste le scénariste emblématique des X-Men, qu’il a façonnés entre 1975 et 1991. À lui seul, il a contribué à transformer une série en perte de vitesse en véritable phénomène culturel, en introduisant des arcs narratifs devenus cultes comme Dark Phoenix ou Days of Future Past.
« À l’époque, c’était plutôt facile », confie-t-il en évoquant ses débuts sur la série. « C’était une page blanche. À part Cyclope et le Professeur X, tout restait à construire. » Une liberté totale qui lui permet, après Len Wein et Dave Cockrum, et avec notamment John Byrne, de redéfinir les personnages et d’imposer une nouvelle vision.
Du drame… ou la vraie vie
Ce travail s’inscrit rapidement dans le temps long. Claremont développe des intrigues sur plusieurs années, nourries par une écriture feuilletonnante et surtout inspiré du polar noir et le drame. Son approche se distingue aussi par la place accordée aux personnages féminins. Rogue, Jean Grey ou encore Emma Frost deviennent des figures centrales, loin des rôles secondaires souvent attribués aux femmes dans les comics de l’époque. « L’objectif est de créer des personnages attachants, indépendamment de leur genre », insiste-t-il, tout en précisant qu’il ne s’agit pas plus de drame que « la vraie vie » des héros.
Parmi ses nombreuses créations figurent également Forge, Mystique ou Gambit, personnage dont il a aussi dévoilé les couvertures d’une mini-série à paraître cet été, Gambit Wanted. Pourtant, Claremont refuse de hiérarchiser ses créations : « Tous les personnages sur lesquels j’ai travaillé comptent. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce qui va leur arriver ensuite. »
Rien ne remplace le papier
Sa venue à Metz s’inscrit aussi dans le prolongement de son retour à l’univers de Wolverine, avec une nouvelle incursion à Madripoor. « C’est à la fois un décor et un personnage », résume-t-il, comparant la ville fictive à New York, Paris ou Casablanca. Malgré l’évolution du médium et l’essor des adaptations au cinéma et en jeu vidéo, Claremont reste attaché à la bande dessinée papier. « Rien ne remplace la bande dessinée ». Aujourd’hui encore, l’auteur observe avec intérêt les multiples réinterprétations de son œuvre. « Impressionné », dit-il simplement. « Une bonne histoire reste une bonne histoire. »
À Metz, les fans ne s’y sont pas trompés : ils étaient nombreux à venir rencontrer celui qui a, pendant plus de quinze ans, donné une âme aux X-Men.
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