L’association Modéliste Le Graouilly lance une école destinée aux jeunes. Objectif : leur apprendre à construire puis piloter leurs propres avions radiocommandés. Une initiative pédagogique qui mêle technologie, précision et passion pour l’aviation.
Dans un premier temps, quelles compétences mobilise l’aéromodélisme ?
Bernard Colin, président de l’association Modéliste Le Graouilly : « L’aéromodélisme est une activité très diversifiée. Le grand public le connaît surtout à travers les démonstrations en vol, qui sont l’aboutissement de notre passion. Mais derrière ces vols, il y a tout un travail de construction. Quand on parle de construction, on touche à beaucoup de domaines : l’utilisation des matériaux, la recherche historique sur les avions ou encore la reproduction de modèles réels. On peut construire des avions simples pour débuter, mais aussi des modèles très fidèles à des avions existants. »
Cette activité permet donc d’apprendre de nombreuses choses dans divers domaines ?
« Exactement. Les jeunes travaillent le bois mais aussi les matériaux composites. Ils découvrent aussi les outils modernes : découpe laser, fraiseuses à commande numérique, tours à métaux ou encore l’impression 3D. L’impression 3D est très présente aujourd’hui. Mais il faut aussi savoir modéliser les pièces avant de les imprimer. Pour un avion, on a souvent besoin de pièces très spécifiques, donc il faut apprendre à créer les modèles en 3D. À cela s’ajoutent la mécanique des moteurs, électriques ou thermiques, mais aussi l’électronique et la programmation des radios ou des systèmes embarqués. »
Combien de jeunes vont participer à cette première année ?
« Au départ, nous voulions limiter la promotion à cinq élèves afin de bien organiser l’école. Finalement, nous allons démarrer avec huit jeunes. Cinq d’entre eux ont entre 10 et 14 ans. Un autre jeune de 15 ans avait participé l’an dernier à l’animation estivale organisée à Metz. Il a ensuite pris sa licence au club et a déjà commencé à construire son avion. Il va rejoindre naturellement l’école. »
Entre 500 et 600 euros l’avion
Comment va se dérouler la formation ?
« Il y a un programme précis. Nous allons commencer par construire la partie la plus simple de l’avion : le stabilisateur, à l’arrière. Cela permet aux jeunes de se familiariser avec la précision nécessaire au travail. Ensuite, ils construiront l’aile, en structure bois, avec les nervures, les longerons, le bord d’attaque et le bord de fuite. Enfin, ils termineront par le fuselage. Même sur un avion d’apprentissage, il y a beaucoup d’équipements à installer : servomoteurs, récepteur, batterie ou moteur. »
Et les élèves pourront ensuite faire voler leur avion ?
« Bien sûr. Le vol se déroulera sur notre terrain, qui possède une piste de 70 mètres sur 30. Au début, les élèves pilotent avec un système de double commande. Le moniteur garde toujours la possibilité de reprendre la main. L’avion est mis en l’air par l’instructeur, puis l’élève apprend à évoluer en altitude avant de descendre progressivement jusqu’à l’atterrissage. »
Sur quelle durée s’étend cette formation ?
« La première étape est la construction et l’apprentissage du pilotage. Ensuite, les élèves peuvent poursuivre avec un perfectionnement. La deuxième année sera consacrée notamment à la voltige. Ceux qui le souhaitent pourront même participer à des concours. »
Une formation qui a forcément un coût…
« Cette année, nous demandons une participation de 100 euros par an. L’avion coûte en réalité entre 500 et 600 euros. Nous bénéficions d’aides publiques et du soutien de la Fédération française d’aéromodélisme. Tout le matériel est mis à disposition. Si l’enfant termine son avion, il repart avec. »
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