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De Riche à Morhange, un champ de bataille et de mémoire

La Nécropole nationale de Riche et le Cimetière militaire allemand de Morhange rassemblent des milliers de soldats tombés lors de la bataille de Morhange en 1914. Deux cimetières, deux armées autrefois ennemies… mais aujourd’hui un même message de mémoire et de réconciliation entre la France et l’Allemagne.

En Moselle, la mémoire de la Première Guerre mondiale se lit dans le paysage. À quelques kilomètres l’un de l’autre, deux lieux racontent la même histoire… celle d’hommes tombés des deux côtés du front. « Que ce soit un lieutenant ou un simple soldat, ils ont tous les mêmes croix », s’émeut Carole Novy, directrice administrative du VolksBund (Service pour l’entretien des cimetières militaires allemands).  

À la Nécropole nationale de Riche, reposent des milliers de soldats français morts lors des combats de 1914, notamment lors de la bataille de Morhange. Parmi les soldats enterrés ici, le fils du général de Castelnau, mort sur le champ de bataille dans les premiers jours, alors que son père était aux commandes. Classé au patrimoine de l’Unesco, ce lieu de recueillement rappelle l’ampleur des pertes humaines. « Ce sont des lieux qui permettent la réflexion sur la réalité d’un conflit, affirme Nicolas Vignos, directeur du service départemental de l’office national des combattants et victimes de guerre, et la mémoire est ce lien qui permet de respecter l’autre. » 

À quelques kilomètres seulement, de l’autre côté du front, un autre cimetière raconte l’autre versant de cette même bataille.

Des croix de fer, des mots allemands, et des arbres imposants, 4 754 soldats allemands reposent dans le cimetière de Morhange, où l’ambiance est bien différente. Aujourd’hui, ces lieux de mémoire dépassent la logique des camps opposés. Ils témoignent aussi du chemin parcouru entre la France et l’Allemagne depuis plus d’un siècle. « Ceux qui doutent et désespèrent de l’Europe devraient venir sur un cimetière militaire, assure Carole Novy, aujourd’hui avec les troubles qu’il y a partout, je trouve que cette phrase est extrêmement vraie. »

Deux cimetières, deux armées… mais une même tragédie. À Riche comme à Morhange, les pierres ne racontent plus seulement la guerre. Elles rappellent surtout l’importance de la paix, et le lien désormais construit entre deux nations autrefois ennemies.

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