En 66 jours, Jules Riss a parcouru l’année dernière près de 15 000 kilomètres en autostop, traversant 16 pays entre Metz et Bangkok. Une aventure improvisée, sans budget ni itinéraire précis, à découvrir désormais sur grand écran. L’avant-première est prévue le 11 mars au cinéma Le Klub à Metz.
Comment est née l’idée de relier Metz à Bangkok en autostop ?
Jules Riss, aventurier et conférencier messin : « Dans mon précédent voyage, j’étais parti en Europe à vélo avant de traverser l’Atlantique en bateau vers l’Ouest. Cette fois, j’avais envie de partir à l’opposé, vers l’Est, pour découvrir les pays d’Asie centrale et rejoindre ma copine qui se trouvait en Asie. C’est un peu de là qu’est née l’idée de ce Metz-Bangkok en autostop. »
Vous avez traversé 16 pays et parcouru environ 15 000 kilomètres en 66 jours. Quel est le moment qui vous a le plus marqué ?
« Il y en a eu beaucoup. Je pense par exemple au deuxième jour du voyage. Un prêtre m’a accueilli dans son église en Autriche et on s’est retrouvé à faire du ski ensemble. Ce sont des moments un peu cocasses, complètement imprévus, que je n’aurais jamais imaginés avant le départ et qui arrivent pourtant très vite dans l’aventure. »
Voyager en autostop peut inquiéter certaines personnes. Votre expérience a-t-elle changé votre regard sur la confiance envers les inconnus ?
« J’étais déjà convaincu que l’autostop était le meilleur moyen de transport pour faire des rencontres et créer du lien. Cette aventure me l’a confirmé. C’est un moyen très simple d’échanger avec les conducteurs, parfois même d’être invité à dormir chez l’habitant. Et surtout de rester en contact avec certaines personnes. Aujourd’hui encore, je garde des liens avec des gens rencontrés en Chine ou en Ouzbékistan. »
« Apporter un message d’espoir et d’ouverture »
Aviez-vous prévu dès le départ de réaliser un documentaire ?
« Oui. Lors de mes précédents voyages, j’avais regretté de ne pas avoir suffisamment filmé pour pouvoir transmettre les rencontres vécues. Pour celui-ci, je me suis donc préparé avec du matériel et une caméra afin de pouvoir partir en immersion à la rencontre des habitants. »
Votre film n’est pas présenté comme un exploit sportif mais comme une aventure humaine. Quel message souhaitez-vous transmettre ?
« L’objectif est d’apporter un message d’espoir et d’ouverture. Dans un climat international assez anxiogène, marqué par les tensions et les guerres, je voulais montrer qu’au-delà des nationalités et des origines, on peut créer du lien et des connexions entre les gens. C’est un message assez universel. »
Il y a eu ensuite tout le travail de montage…
« Exactement. C’est une autre aventure. J’avais plus de 2 000 vidéos à dérusher et à analyser. J’ai été accompagné par deux Messins : Arnaud Caël qui a réalisé le film, et Azzedine Brahimi, au montage. Tous les trois, nous avons construit ce documentaire que nous sommes très heureux aujourd’hui de présenter. »
Pourquoi avoir choisi Metz pour l’avant-première ?
« Parce que tout a commencé ici. En tant qu’amoureux de ma ville et du quartier de Trêves, c’était une évidence de lancer le documentaire à Metz. Et le cinéma Le Klub est un lieu historique de la ville, donc c’était encore plus symbolique. »
« Un tour de France des projections »
Vous souhaitez maintenant diffuser le film ailleurs ?
« Oui, l’idée est de multiplier les projections, à Metz mais aussi ailleurs en Moselle et en France. On aimerait même organiser une sorte de tour de France des projections… en autostop, avec des échanges et des débats avec le public après les séances. »
Cette aventure vous donne-t-elle envie de repartir ?
« Bien sûr. Il y aura forcément d’autres aventures, peut-être dans d’autres pays ou en France. Mais pour l’instant, l’objectif est déjà de faire vivre ce documentaire et de le partager avec le plus de monde possible. »
Retrouvez le passage de Jules Riss dans Moselle Info du vendredi 6 mars 2026.




