La possible sortie de l’Alsace de la région Grand Est continue de faire réagir en Moselle. Lors d’une séance extraordinaire à l’hémicycle du Conseil départemental pour la présentation du bilan des services de l’État, Patrick Weiten a évoqué, lors de son discours introductif, les conséquences qu’un tel changement institutionnel pourrait avoir pour le territoire mosellan.
À la mi-avril, les députés de l’Assemblée nationale avaient adopté, en première lecture, une proposition de loi visant à donner à l’Alsace un statut de collectivité unique distinct du Grand Est. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat. Dans ce contexte, Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle, estime que la Moselle doit, elle aussi, engager une réflexion sur son avenir institutionnel.
Patrick Weiten, président du Conseil Départemental de la Moselle : « Et la Moselle ? »
Ce mardi matin, les services de l’État en Moselle, représentés par le préfet Pascal Bolot, ont présenté leur bilan 2025. En ouverture de cette séance, le président du Conseil Départemental de la Moselle, Patrick Weiten, a accueilli le préfet en évoquant cette actualité autour de l’Alsace. « Aujourd’hui, il y a une décision de l’Assemblée nationale. Si l’Alsace reprend demain certaines compétences régionales, naturellement nous devons nous poser la question : et la Moselle ? », explique-t-il.
Pour Patrick Weiten, la proximité historique, géographique et fonctionnelle entre la Moselle et l’Alsace impose d’anticiper les conséquences d’une éventuelle réorganisation territoriale. « La question fondamentale est posée : quelle sera la place de la Moselle au sein du Grand Est ? Et quelle sera sa place au sein de la Lorraine ? »
Le président du Département assure avoir déjà engagé des discussions avec plusieurs élus lorrains, alsaciens et champardennais. Objectif : ne pas laisser la Moselle à l’écart des évolutions institutionnelles en cours. « Il ne faut pas qu’on loupe le train qui est en train de passer, et qui pourrait nous écarter de nos voisins alsaciens », prévient-il. « Certaines compétences aujourd’hui régionales pourraient être transférées à l’Alsace. Nous devons nous positionner. » Patrick Weiten explique avoir déjà échangé avec plusieurs élus, notamment « ses collègues lorrains » ainsi qu’avec Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace.
Une histoire commune entre Moselle et Alsace
À la question de savoir quel regard il porte sur la trajectoire choisie par l’Alsace, Patrick Weiten répond : « Je ne me suis jamais exprimé parce que c’est une décision prise par l’Alsace pleinement et totalement assumée. En plus, il y a eu quelques concertations avec la population qui allaient plutôt dans ce sens-là. Je n’ai pas à juger de l’attitude de l’Alsace et des Alsaciens avec tout ce que cela peut représenter. » Il poursuit : « Il y a un pas important qui a déjà été franchi par l’État et le gouvernement en leur accordant quelques compétences supplémentaires. Je n’ai pas voulu réagir non plus puisqu’ils restaient parmi nous au sein de la région Grand Est, et nous avons un certain nombre de points qui nous rassemblent puisque nous avons des limites communes et non pas des frontières. »
Le président du Département de la Moselle rappelle également les liens historiques forts entre les deux territoires, notamment autour du droit local ou de l’histoire des Malgré-nous. « Les Alsaciens et les Mosellans partagent une histoire commune. Nous sommes des territoires qui ont changé quatre fois de nationalité sans changer de domicile. »
Plus largement, Patrick Weiten plaide pour une nouvelle étape de décentralisation adaptée aux réalités locales. Objectif : trouver de nouvelles marges de manœuvre pour continuer à agir, « entre un État déconcentré et une collectivité décentralisée ». Selon lui, le fonctionnement actuel des grandes régions montre ses limites. « On ne fera pas la même chose ici qu’en Vendée ou dans la Nièvre, parce que nos territoires sont complètement différents », estime-t-il. « La Moselle est au cœur de la grande région européenne. C’est la terre de Robert Schuman. »
Face à ces débats, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, s’est montré plus prudent. Sans commenter directement le dossier alsacien, il a simplement appelé à « une meilleure répartition des compétences » entre l’État et les collectivités, ajoutant que « l’État local évolue dans le bon sens ».
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