À l’approche de l’enquête publique sur le tronçon nord de l’A31bis, 25 associations et collectifs dénoncent un projet « inutile », « coûteux » et aux conséquences environnementales jugées « irréversibles ».
La contestation contre le projet A31bis se poursuit en Moselle nord. Réunis dans une déclaration commune, 25 associations locales et nationales, collectifs de riverains et organisations de défense du patrimoine affichent leur opposition ferme au futur contournement ouest de Thionville et demandent son abandon.
Les signataires dénoncent d’abord un projet jugé disproportionné au regard des bénéfices attendus. Ils s’appuient notamment sur les conclusions de l’Autorité environnementale, qui évoque un gain de temps limité pour les automobilistes malgré un coût estimé à près de 2 milliards d’euros. Selon eux, la nouvelle infrastructure pourrait rapidement être saturée.
Les associations pointent également des conséquences environnementales et sanitaires « majeurs et irréversibles » : artificialisation des sols, augmentation des émissions de gaz à effet de serre, nuisances sonores et pollution de l’air à proximité de zones habitées et d’écoles. Elles alertent aussi sur les impacts patrimoniaux pour le domaine de Bétange, site classé et réservoir de biodiversité. Parmi les signataires, Air Vigilance, Ecomissions ou encore le groupe local de Greenpeace, s’associent face à ces inquiétudes.
Autre sujet de crispation : la mise en place d’un péage. Les opposants estiment qu’il représenterait une charge supplémentaire importante pour les travailleurs frontaliers, un « racket inacceptable », avec un risque de report du trafic sur les routes départementales.
Un appel à l’abandon du contournement
Les collectifs réclament plusieurs alternatives, parmi lesquelles l’aménagement de l’A31 existante avec une voie réservée au covoiturage et aux transports en commun, la mise à l’étude d’une rambarde modulable pour la traversée de Thionville ou la création d’un tunnel, ainsi qu’un investissement renforcé dans des solutions de mobilité durables, et sobres. L’enquête publique doit quant à elle se dérouler du 11 mai au 27 juin. Six semaines, un délai court selon les collectifs, surtout quand le dossier constitue plus de 5 500 pages.
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