À Metz, après le 1er tour des élections Municipales, les listes menées par Charlotte Leduc (LFI) et Jérémy Roques (UG) ont annoncé leur union en vue du second tour des élections municipales. Une alliance à gauche qui se fera sans le candidat socialiste Bertrand Mertz, avec qui les discussions n’ont pas abouti.
L’union de la gauche n’a jamais été trouvée en plus d’un an de tractations. Finalement, il aura fallu les résultats du premier tour et une nuit pour que deux listes de gauche s’unissent en vue du second tour. Charlotte Leduc, figure de la France insoumise à Metz pour ces élections municipales, qualifiée au second tour avec 10,4 % des voix, est rejoint par Jérémy Roques, de la gauche écologiste. Ce dernier est éliminé de peu, dès le premier tour, avec 9,94 % des voix. Charlotte Leduc explique que cette union s’inscrit dans une volonté de construire une alternative politique locale « Nous avons toujours porté l’idée d’un large rassemblement de la gauche. Aujourd’hui, nos deux listes représentent plus de 20 % des voix à Metz », souligne-t-elle. La candidate affirme vouloir porter une « gauche de rupture » et écologiste capable de proposer une alternative à la politique du maire sortant François Grosdidier. L’objectif est clair : « devenir la deuxième force politique de la ville et refuser que le Rassemblement national occupe cette place ».
Des négociations rompues avec le Parti socialiste
Quid de Bertrand Mertz, arrivé troisième avec 13,37 % des voix au 1er tour des élections Municipales à Metz ? Sur notre plateau de Moselle TV, en direct de la préfecture, le candidat de gauche semblait abattu, lui qui pensait « faire un meilleur résultat ». Concernant une union avec le parti de Charlotte Leduc, il rejetait : « il y a des conflits dans la société, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Il faut amener de l’apaisement« . Les discussions avec le Parti socialiste se sont poursuivies dans la nuit qui a suivi le premier tour. Jérémy Roques raconte avoir rencontré la tête de liste « Un souffle nouveau à Metz » et son équipe vers minuit. Mais selon Jérémy Roques, les échanges n’ont pas permis d’aboutir à un accord. « Nous regrettons qu’il ne veuille pas s’allier avec Charlotte Leduc », explique-t-il. Il affirme également que plusieurs tentatives ont été faites pour relancer les discussions. « Nous avons renvoyé des messages pour dire qu’il y avait encore des chemins possibles pour être trois. Mais à deux heures du matin, tous les téléphones du PS étaient coupés. Leur lumière était éteinte. Ils avaient décidé de ne plus nous répondre », raconte-t-il. Le candidat dénonce un manque de respect envers les partenaires politiques. « Il faut se respecter humainement. Là, il n’y a eu aucun respect », affirme-t-il. Très critique envers le candidat socialiste, Jérémy Roques estime que Bertrand Mertz « manque à son devoir » politique. « En refusant l’union, il prend le risque de faire du Rassemblement national la première opposition », déplore-t-il, qualifiant cette décision d’« irresponsable ».
Charlotte Leduc estime de son côté que ce refus constitue « un choix idéologique majeur ». Selon elle, cette stratégie « affaiblit la gauche dans la ville et renforce le Rassemblement national ». Malgré cela, la candidate se dit « heureuse de porter cette liste d’union » avec les forces qui composent la liste de Jérémy Roques. « La gauche de rupture existe désormais dans le paysage politique messin. Nous constituons une force politique non négligeable », affirme-t-elle. Pour les deux candidats, cette alliance doit permettre de structurer une opposition forte au conseil municipal. « Nous voulons porter jusqu’au bout une alternative claire et forte à la politique de François Grosdidier », explique Charlotte Leduc.
Les deux responsables politiques comptent désormais se tourner vers les électeurs. Avec plus de la moitié des inscrits qui ne se sont pas déplacés au premier tour, ils estiment que la marge de progression est importante « Nous avons une marge de manœuvre énorme avec l’abstention », affirme Charlotte Leduc. La campagne s’annonce donc intense dans les jours qui précèdent le second tour « Il nous reste une courte semaine pour convaincre et faire campagne sur le terrain », conclut-elle.
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