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« Moi, je veux que ce soit ouvert » : le 1er mai férié questionné

Face à la pression des syndicats, le gouvernement temporise sur l’ouverture du travail le 1er mai férié. Réunis lundi soir autour du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, les partenaires sociaux ont été appelés à prendre le temps de la négociation. Résultat : l’examen du texte est repoussé, et son adoption n’est plus envisagée cette année.

Et si le 1er mai cessait d’être férié pour tous ? Aujourd’hui, il reste le seul jour obligatoirement chômé et payé. Mais pour combien de temps encore ? Ce ne sera déjà pas pour cette année. Le gouvernement repousse l’examen de la proposition de loi à 2027. Pour Sébastien Lecornu, un travail de fond est encore nécessaire. « Le gouvernement souhaite un dialogue social approfondi avec les partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par un travail le 1er mai. Seul un dialogue de branche le permettra. » écrit-il sur son compte X, anciennement Twitter. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, déclare à l’issue d’une rencontre avec les organisations syndicales lundi soir que « ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles ».

Le texte visait à autoriser certains salariés à travailler, notamment dans les commerces de proximité, comme les boulangeries. À Rozérieulles, Aurélia Schuster, vendeuse, assure qu’elle aurait suivi la décision de son employeur « Je ne dirais pas non. Même si j’aimerais être en repos, je ne dirais pas non. Parce que, justement, c’est payé double, donc ça fait un petit plus sur le salaire. Surtout qu’en ce moment, on en a besoin. »

Du côté des clients, certains voient surtout l’aspect pratique. « Pour le pain, il n’y a pas de problème. Moi, je veux que ce soit ouvert. Maintenant, c’est aux boulangères à décider. Si elles ne veulent pas travailler, ce n’est même pas mon problème. Moi, je suis contente quand c’est ouvert. »

Le 1er mai férié bientôt assoupli ?

Pour certains commerçants, ouvrir pourrait même être bénéfique, malgré la majoration des salaires. C’est le cas de Gilles Fuhrmann, fleuriste depuis 21 ans « C’est très bien que mon employé, le 1er mai, si je le fais travailler, il sera content. Il est d’ailleurs d’accord. Et moi, ça me permettra de faire mes livraisons et de ne pas être à la boutique. On est ouvert de 9h à 12h30, donc ça fait 3h30. Il ne va pas me coûter non plus énormément, même si c’est payé double. »

Mais du côté des syndicats, toucher au 1er mai serait aller à l’encontre de la fête du Travail. « Ce qu’on parle très peu, c’est de parler de l’impact réel que ça aura sur la santé physique et mentale des salariés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui sont en épuisement professionnel. Il y a beaucoup de gens qui quittent leur emploi parce qu’ils n’en peuvent plus. Et après, on va nous parler de productivité. Mais comment on peut parler de productivité quand on essaye d’épuiser les gens ? » évoque Éric Gangloff, secrétaire général adjoint de la CFDT S3C Lorraine.

Dès cette semaine, les professions concernées seront reçues à Matignon. Le gouvernement doit proposer des pistes pour ces commerces de proximité.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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