La région Grand Est a voté son compte financier unique et une rallonge de plusieurs millions d’euros à son budget 2026, avec des dépenses exceptionnelles dans le ferroviaire ou l’industrie.
Présidé par Valérie Debord, l’assemblée régionale a voté son compte financier unique ce jeudi, avec 48 voix contre et 11 abstentions. 4,33 milliards de dépenses en 2025, 4,32 milliards de recettes, soit 16,7 millions de déficit, mais un résultat cumulé de clôture dans le positif à 6,7 millions d’euros, plus 10 millions pour le compte annexe : « une région qui investit », mais des voix qui s’élèvent sur les décisions.
A gauche et chez les écologistes, on regrette « suivre les sacro-saints ratios qui nous ont mené par le passé à cette situation (…) et qu’on n’investisse pas contre le réchauffement climatique », s’indigne l’écologiste Gérard Schann. « Admettez que votre bilan n’est pas bon » conclut simplement Laurent Jacobelli du RN. Christophe Choserot, président du groupe centriste, lui, affirme que les deux jambes de la région sont dans le vert : « la région n’a jamais autant investi (…) et sur le fonctionnement, on craignait une baisse, on arrive à le maintenir ». Après 1h30 de débat, c’est le budget supplémentaire qui a aussi été voté à 102 voix, pour ajuster celui voté il y a quelques mois. Un total de 11,8 millions de recettes de fonctionnement en plus contre 2,4 millions de dépenses de fonctionnement. « Des recettes de fonctionnement qui stagnent et baissent en raison des conflits mondiaux, et une reprise de l’inflation » commente le vice-président aux finances.
177 millions d’euros d’investissements supplémentaires
En investissement, le gap est plus grand, +256M de recette, +177M de dépenses, « des recette exceptionnelles qui amènent à une augmentation importante des dépenses pour accompagner les habitants notamment avec 180 millions d’euros d’investissement ferroviaire, un renforcement des dispositifs d’aides aux entreprises, aux industries, et la poursuite de la rénovation énergétique dans les lycées » ajoute Marc Sebeyran. Le Grand Est choisi ainsi d’annuler 100 millions d’euros d’emprunt « pour préserver l’avenir », incertain. Le RN, qui proposait un amendement pour un plan de climatisation des lycées, a été largement rejeté. « Simpliste » pour la gauche et la droite. « Des grosses conneries », s’indigne même Michael Weber (PS) : « il faut un changement des pratiques et non une proposition démagogique de mettre des climatiseurs partout ».
En pleine canicule et vigilance rouge sur le département, la stratégie contre le réchauffement climatique a largement été débattue. La gauche et les écologistes ont aussi regretté « des jeunes sacrifiés dans cette politique » et une absence d’investissement sur la formation et la culture, dit Alain Cedelle. Enfin, alors que la région doit aussi évoquer sa Stratégie régionale aéroportuaire 2026-2030 à l’ordre du jour, la ligne budgétaire à la mobilité a été rappelée par Thibaud Philippe, vice-président aux transports : 21 rames rénovées cette année, 7 nouvelles rames en 2026 pour les TER 2 niveaux, 21 trains Corail modernisés ou encore le grand atelier de maintenance à Montigny-lès-Metz cofinancé par le Luxembourg.
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