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La chaîne Mamytwink cherche 60 000 € pour financer sa prochaine saison

Avec près de 2,5 millions d’abonnés sur YouTube, la chaîne Mamytwink s’est imposée comme une référence francophone dans les vidéos d’exploration et de vulgarisation historique. Derrière ce succès, la réalité économique reste fragile. Ses créateurs ont récemment lancé une campagne de financement participatif pour assurer la production de leur prochaine saison.

Votre chaîne Mamytwink existe depuis longtemps déjà. Comment a-t-elle évolué ?

Florian Henn, cofondateur de Mamytwink : « Cela fait maintenant 15 ans que la chaîne existe. Pendant tout ce temps, nous avons partagé nos passions, notamment pour l’histoire, à travers nos vidéos. Aujourd’hui, nous avons publié plus de 900 vidéos sur YouTube. Au fil des années, nous nous sommes professionnalisés. Nous avons créé notre société de production, qui existe depuis dix ans, et nous nous sommes entourés d’une équipe pour produire des contenus de plus en plus ambitieux. Pendant longtemps, nous avons réussi à maintenir un certain équilibre financier. Mais avec le modèle économique de YouTube, produire des contenus historiques exigeants devient de plus en plus compliqué. »

Pourquoi la chaîne rencontre-t-elle aujourd’hui des difficultés financières ?

« Le modèle de YouTube est assez précaire quand on veut produire des vidéos de fond. Nous sommes souvent face à un choix : réduire la qualité ou produire du contenu de masse. De notre côté, nous avons fait le choix de traiter les sujets avec sérieux, rigueur et justesse, parce que nous voulons que nos vidéos restent pertinentes dans le temps. Mais cette exigence a un coût. Depuis quelques années, nous faisons face à des difficultés financières. C’est pour cela que nous avons décidé de nous tourner vers notre communauté pour financer une nouvelle saison de vidéos. »

Aujourd’hui, combien de personnes travaillent sur les productions Mamytwink ?

Julien Aubrée, cocréateur de la chaîne Mamytwink : « Mamytwink est devenue une véritable société de production. Nous avons quatre salariés à temps plein, un à mi-temps, et au total une dizaine de personnes participent à la création des documentaires. Nous faisons aussi appel à des intervenants ponctuels pour certaines compétences. Nous traitons parfois de sujets difficiles, comme la Seconde Guerre mondiale ou la Shoah, et cela demande beaucoup de précautions. Nous avons par exemple un historien salarié dans l’entreprise pour vérifier les informations. Sur Internet, on trouve beaucoup de choses, mais tout n’est pas fiable. Nous voulons proposer des documentaires dans lesquels le public peut avoir confiance. »

« La censure et la démonétisation compliquent notre travail »

Est-il difficile de produire ce type de contenu historique sur YouTube ?

Florian Henn : « Oui, parce que nous traitons de sujets sensibles. Nos vidéos peuvent être démonétisées, restreintes à un public adulte ou accompagnées de messages d’avertissement. Cela limite leur diffusion et leur rentabilité. À l’inverse, des contenus plus divertissants sont souvent mieux rémunérés. Produire de la qualité sur YouTube est donc un équilibre difficile. Si l’on travaille en petite équipe, le risque est le surmenage. Si l’on agrandit l’équipe, on se heurte aux limites du modèle économique. Nous avons choisi d’en parler ouvertement. Beaucoup de créateurs vivent les mêmes difficultés. »

Vous avez donc lancé une campagne de financement participatif. Quel est l’objectif ?

Julien Aubrée : « En seulement trois jours, près de 30 000 € ont déjà été récoltés. L’objectif est d’atteindre 60 000 €, ce qui nous permettrait de financer les dix vidéos de la saison 2026-2027. Si la cagnotte dépasse ce montant, nous avons prévu d’autres projets. »

Quels types de projets aimeriez-vous réaliser grâce à ce financement ?

« Nous avons plusieurs idées que nous rêvons de concrétiser depuis longtemps. Par exemple, tourner un documentaire à Auschwitz, l’un des lieux de mémoire les plus importants de la Seconde Guerre mondiale. Nous aimerions y mêler images d’archives rares et tournage sur place, pour montrer aussi des lieux moins connus. Nous avons également imaginé une exploration nocturne, en hommage aux premières vidéos de la chaîne qui avaient beaucoup marqué les abonnés. »

Retrouvez l’intégralité du passage de Mamytwink dans Moselle Info.

Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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