De Marieulles à Norroy-le-Veneur, la saison des mirabelles s’est lancée lors de cette dernière semaine de juillet en Moselle. Mais les fortes chaleurs et le manque d’eau ont bouleversé la maturation des perles dorées.
Pour la première fois de la saison, Vincent Neveux met en route son vibreur. « Il y a quatre ou cinq jours, on ne pouvait pas encore le faire. Il y avait un trop gros pourcentage de fruits verts, impropres à la vente. Maintenant que certains arbres ont atteint une maturité suffisante, on peut se permettre de les secouer. On fait ainsi tomber 75 à 80 % des mirabelles sur les toiles », explique l’arboriculteur de Norroy-le-Veneur. Ramassés ensuite à la main, les premiers fruits sont triés selon des critères bien précis. Maëlys Gagnier, saisonnière agricole, détaille : « Je regarde le calibre. Si les mirabelles sont trop petites, trop molles ou véreuses, on les écarte. »
Prévu exceptionnellement autour du 25 juillet en raison d’une floraison et d’une fécondation précoces au printemps, le lancement de la récolte a finalement été repoussé d’une semaine. En cause, les épisodes de forte chaleur et la sécheresse, qui ont fortement impacté les 300 mirabelliers de l’exploitation. « Ça fait 35 ans que je suis arboriculteur, et c’est la première année qu’on voit un blocage aussi long. La chaleur ralentit la circulation de la sève. La mirabelle bloque et elle met beaucoup plus de temps à mûrir et surtout à prendre sa couleur », confie Vincent Neveux. Résultat, les fruits seront moins jaunes que les autres années, mais devraient conserver un taux de sucre satisfaisant. L’arboriculteur espère récolter entre 10 et 15 tonnes de mirabelles cette saison.
« On a un sérieux manque d’eau »
À Marieulles, la récolte n’a, en revanche, pas encore débuté. Pour Mélanie Demange, le taux de sucre est encore insuffisant. « On vise un taux de sucre bien plus élevé. Et puis il me faut de la coloration. Là, on est encore sur une mirabelle verte. Moi, je les appelle mes petites olives à cette heure-ci », sourit la distillatrice. L’arboricultrice préfère laisser mûrir encore quelques jours les fruits de son verger de huit hectares.
En attendant, elle garde un œil attentif sur la météo. « On a un sérieux manque d’eau. On va le ressentir sur la qualité du fruit et sur sa teneur en jus. C’est un peu la même situation que l’année dernière, avec encore quelques degrés de plus. Le problème, c’est que s’il pleut maintenant, les arbres sont tellement chargés que le poids de l’eau risque de casser les branches », explique-t-elle. Si les conditions météorologiques restent favorables, Mélanie Demange espère débuter la récolte d’ici une dizaine de jours. Son objectif, récolter plus de 50 tonnes de ces perles dorées afin de produire de l’eau-de-vie et de la liqueur.





