Invités sur le plateau de Moselle Info, l’acteur-réalisateur Hugo Becker et son producteur Laurent Hélas ont évoqué ce devoir de mémoire entourant leur nouveau court-métrage historique « La Ligne de Vie ».
- Synopsis – Allociné : 24 décembre 1916. De l’autre côté d’un check-point allemand, un camion acheminant du courrier est arrêté, criblé de balles. À l’intérieur, un homme tué. Un autre homme et une femme, qui étaient en mission postale, clament leur innocence dans la mort de leur compagnon de voyage, et de leur présence en zone ennemie. La radio qui les guidait se serait coupée jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en plein no man’s land. « Impossible qu’ils aient pu passer le barrage, à moins de travailler pour les boches ». Va alors débuter, la veille de Noël 1916, un interrogatoire croisé pour connaître la vraie raison de la présence de facteurs et de courriers ennemis sur les tranchées.
Hugo Becker, on ne vous présente plus. Vous êtes passé par les Cours Florent et la Royal Academy of Dramatic Art, avez joué dans séries (Au service de la France, Baron Noir) et films (Le Dernier Voyage) aux côtés de grands noms parfois. Et vous enfilé une autre casquette, celle de réalisateur. Après Mukbanger, « La Ligne de Vie ». Un court-métrage inspiré de l’histoire locale, où le spectateur suit le périple de deux postiers chargés d’acheminer le courrier du front jusqu’aux familles. Pourquoi avoir choisi ce sujet très particulier ?
Hugo Becker, réalisateur. D’abord parce que c’est un sujet qui me semble important et nécessaire aujourd’hui. Même si on parle de quelque chose qui a eu lieu il y a cent ans, finalement, c’est l’histoire qui se répète inlassablement. Et les conflits armés actuels dans différentes régions du monde nous montrent que c’est toujours la même histoire d’un côté et de l’autre d’une frontière. Donc j’avais envie de parler de ça, et j’avais envie de faire un film de paix. Bien sûr, l’idée c’était de mettre en avant des héros oubliés de l’histoire également, que sont les facteurs, et de raconter la guerre aussi d’un point de vue psychologique et assez humaniste, de raconter ce qui se passe d’un côté et de l’autre, de comment nous réagissons dans des contextes difficiles. Donc les scènes de guerre sont nécessaires pour crédibiliser l’histoire. Il y a une scène d’ouverture qui était assez ambitieuse, et je remercie encore toute mon équipe, mes producteurs d’avoir permis cela parce que ce n’était pas une mince affaire. Mais oui, l’idée est évidemment de mettre en avant aussi ces personnes qui ont été des oubliés de l’histoire.
Et je dois dire que l’idée est venue aussi de lettres que j’ai découvertes, qui avaient été conservées par mon grand-père et sa sœur, des lettres de leurs aïeux qui ont participé à la Grande Guerre. C’est aussi un devoir de mémoire et de dialogue. Si je devais dire une phrase pour résumer le film :« La guerre nous apprend à devenir ce qu’on n’est pas. »
Vous avez évoqué une scène en particulier sur le tournage, la scène d’ouverture dans les tranchées. Ce fut la grande difficulté du tournage ?
Laurent hélas, producteur. Je pense que ça fait partie des scènes les plus compliquées oui, parce que ça nécessite beaucoup de coordination. On avait une centaine de figurants, en tenue de poilue, dans les tranchées et des explosions qu’on a menées en direct, en réel. Ça veut dire qu’il y a eu peu d’effets spéciaux. On a eu aussi l’utilisation de chevaux avec le caractère de l’animal que ça implique. Des craintes au sujet de la météo. Quand je parle de coordination, c’est 100 figurants, mais aussi une cinquantaine de personnes à la technique.
Donc voilà, la plus grosse difficulté, je dirais que c’est la coordination.
Hugo Becker, réalisateur. Sans le collectif, on n’aurait pas fait grand-chose, il faut le dire. C’était un bonheur parce qu’on a pu donner vie à un film qui normalement aurait été très compliqué. Faire un court-métrage, c’est avoir un autre état d’esprit qu’un long-métrage. Quel que soit le budget qu’on a, on relève souvent ses ambitions. Donc il s’agit vraiment de se dépasser et trouver toutes sortes de subterfuges pour créer un environnement crédible. Il y a eu pas mal de navigation, mais on avait de très bons matelots à tous les niveaux.
La Ligne de Vie : un court regardé et multi-primé
L’engouement autour de ce film était palpable lors de la réalisation, mais aussi lors des projections ! Votre public local était au rendez-vous pour vous soutenir ce lundi 30 mars au Klub à Metz. Vous avez aussi de très belles retombées et déjà plusieurs prix à votre actif.
Hugo Becker, réalisateur. La Mostra de Venise avait choisi La Ligne de Vie comme candidat aux European Film Awards.
C’était la toute première. C’était assez fou parce que c’est un festival international. Je crois qu’il y a eu 2 350 films reçus, et ils en prenaient 14. Donc je crois qu’on était deux Français. Je suis très heureux de voir toute cette émulation et je remercie tous ceux qui ont cru en ce film dès le début : le département de la Moselle, la région, France Télévisions, le CNC… Il y a beaucoup de gens qui ont cru et qui nous ont aidés.
Laurent Hélas, producteur. Le film a aussi été distingué avec un prix du meilleur scénario et le grand prix du jury du meilleur film.
On a reçu le prix du meilleur film à Los Angeles et on a appris cette semaine qu’il était pris à Atlanta et à Alexandrie en Égypte.
Donc voilà, il suit son parcours et nous en sommes très contents. Ce qui est super, c’est que ce sont des festivals qu’on appelle « oscarisables », c’est-à-dire qui permettent au film d’être présélectionné pour les Oscars. Nous sommes en pourpalers également avec des plateformes de diffusion.

Pour découvrir l’interview en intégralité : Moselle Info du 31 mars 2026.
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