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« Être réveillé clean et être réveillé défoncé, ce n’est pas la même perception » : l’addiction, une maladie qui peut toucher tout le monde


Mathieu et Alexandra ont passé une grande partie de leur vie sous l’emprise de la drogue. Aujourd’hui abstinents grâce aux Narcotiques Anonymes, ils racontent leur combat contre l’addiction. Des témoignages qui rappellent qu’en Moselle, comme partout en France, cette maladie peut toucher chacun d’entre nous.

« C’est agréable d’entendre un réveil qui sonne et qui n’est pas violent. Être réveillé clean et être réveillé défoncé, ce n’est pas la même perception. » À 46 ans, Mathieu profite aujourd’hui d’une vie sans drogue. Membre des Narcotiques Anonymes depuis 2014, il est abstinent depuis 2019.

« J’ai mis des années à comprendre que j’étais addict »

Pourtant, son histoire a commencé très tôt. Il découvre les drogues à 14 ans avant de tomber dans l’héroïne quatre ans plus tard. « Très vite, j’ai consommé de plus en plus, sans me rendre compte que j’avais un problème. Avec le recul, je vois que les signes d’un comportement addictif étaient présents quasiment dès le début », confie-t-il.

Alexandra connaît un parcours similaire. Après avoir expérimenté plusieurs substances, elle devient dépendante à l’héroïne durant sa vingtaine. « J’ai rapidement perdu le contrôle. L’addiction a pris toute la place », résume-t-elle.

Pendant plus de vingt-cinq ans, elle tente d’en sortir. Traitements médicaux, suivi psychologique, cures de désintoxication, reconstruction familiale… Rien ne suffit à faire disparaître la dépendance. « À chaque fois que je pensais avoir trouvé une solution, l’addiction revenait. »

Le déclic survient en 2017. Un soir, alors qu’elle est au plus bas, elle découvre une affiche des Narcotiques Anonymes. Elle pousse la porte d’une réunion. « On m’a proposé d’arrêter juste pour aujourd’hui. J’y ai trouvé des personnes qui avaient vécu la même chose que moi et qui partageaient leurs solutions. Ce sont elles qui m’ont permis d’avancer. » Aujourd’hui âgée de 53 ans, Alexandra est abstinente depuis neuf ans.

Une maladie qui peut toucher tout le monde

Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne concerne pas un profil particulier. « C’est une maladie neurophysiologique. Les produits viennent souvent compenser un mal-être, un traumatisme ou une souffrance psychique. Progressivement, la personne perd le contrôle de sa consommation », explique Agnès Helluy, addictologue.

En France, le marché des drogues illicites représente près de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. En 2023, la cocaïne a même dépassé le cannabis en termes de revenus générés par les trafics (3,1 milliards d’euros pour la cocaïne contre 2,7 milliards pour le cannabis). Une évolution qui s’explique notamment par une accessibilité toujours plus grande. « Aujourd’hui, les produits sont disponibles très rapidement, notamment via les réseaux sociaux, avec la possibilité de les commander et de se les faire livrer », souligne la spécialiste.

Cette réalité se retrouve aussi en Moselle. En 2025, le nombre de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants a augmenté de 11 %, selon les services de l’État.

Si vous ou l’un de vos proches êtes confronté à une addiction, il est possible d’obtenir de l’aide en contactant Drogues Info Service au 0 800 23 13 13, un numéro gratuit et anonyme.

Toute l’actualité du département de la Moselle à suivre en direct sur Moselle TV du lundi au vendredi à partir de 18H00.

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