Une vingtaine d’agents de l’Euro-Métropole de Metz se sont rassemblés place d’Armes à Metz ce mardi 30 juin. Ils dénoncent l’exposition potentielle de plusieurs dizaines de leurs collègues à l’amiante. Selon eux, une quarantaine d’agents des services multitechnique bâtiment et signalisation ont travaillé dans des locaux où la présence de ce matériau cancérogène a été détectée.
À Metz, une vingtaine d’agents de l’Euro-Métropole de Metz se sont réunis place d’Armes afin de dénoncer les risques liés à une possible exposition à l’amiante. Chargé d’opération au service multitechnique bâtiment, Morad Benahmed raconte que les agents avaient pourtant été alertés en amont. « Notre chef nous a alertés sur la possibilité qu’il y ait de l’amiante dans ce bâtiment situé à Borny. Malgré ces alertes, on nous a obligés à déménager. » Les agents ont pris possession des locaux début mars. Quelques semaines plus tard, un test d’empoussièrement a été réalisé. « Les résultats indiquaient que le bâtiment contenait de l’amiante. Nous avons alors exercé notre droit de retrait », explique-t-il. Des bungalows ont été installés le temps d’un nettoyage. Les agents ont ensuite réintégré le bâtiment. Mais quelques mois plus tard, lors de travaux sur la toiture, de la poussière est tombée du plafond. Un nouveau contrôle a alors été effectué. « Les analyses ont de nouveau révélé la présence d’amiante dans le bâtiment. Nous avons donc quitté les lieux et, aujourd’hui, nous sommes installés provisoirement dans un local situé dans un gymnase », raconte l’agent.
« Lorsqu’on a été exposé à l’amiante, les maladies peuvent apparaître 30 à 40 ans plus tard. »
Selon la CFDT Interco de la Moselle, le problème ne se limite pas à un seul bâtiment, le site de Dreyfus-Dupont serait également concerné. Pour Kévin Daub, secrétaire général du syndicat CFDT Interco de la Moselle, cette nouvelle découverte montre que les enseignements n’ont pas été tirés. « On se rend compte qu’un an après, on ne tire pas les leçons de ce qui se passe. Il va falloir assurer un suivi d’exposition pour tous les agents concernés. » Le syndicat réclame également un accompagnement médical des personnels potentiellement exposés. « Il faut comprendre que lorsqu’on a été exposé à l’amiante, les maladies peuvent apparaître 30 à 40 ans plus tard. Et quand on parle de maladies, il s’agit de maladies graves, des cancers ou des maladies pulmonaires. »
L’Euro-Métropole de Metz assure appliquer le principe de précaution. Dans un communiqué, elle rappelle que « des contrôles réglementaires sont régulièrement réalisés » dans les bâtiments dont elle assure la gestion. Concernant le site de Dreyfus-Dupont, géré par l’Euro-Métropole depuis décembre 2025, la collectivité indique que plusieurs diagnostics amiante ont été réalisés. Elle précise toutefois que « les résultats obtenus concernant le hangar de stockage se sont révélés contradictoires ». En lien avec la CARSAT, une nouvelle campagne de prélèvements doit donc être menée afin de lever les incertitudes. Dans l’attente des résultats, l’accès au hangar ainsi qu’au matériel qui y est entreposé a été interdit.



