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Cette aide de 35 000 euros pour attirer les jeunes médecins dans le Saulnois

La communauté de communes du Saulnois a signé, avec la CPTS, son premier contrat d’implantation d’un étudiant en médecine, face à la désertification médicale.

La communauté de communes du Saulnois, en partenariat avec la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Moselle-Sud, signent aujourd’hui un premier contrat « étudiant en médecine » sur le territoire. Il vise à participer aux frais de l’étudiant tout au long de son cursus médical, en contrepartie de son engagement à s’installer sur le territoire du Saulnois à l’issue de sa formation.

Parlez-nous de la genèse de ce projet dans la Saulnois.

Thierry Jung, président de la CPTS : La question qui se pose depuis plusieurs années, c’est comment faire pour essayer de susciter des vocations et de recruter des praticiens qui ensuite viendront s’installer sur notre territoire.

Michel Hamant, vice-président à la Communauté de communes du Saulnois : Un des points discutés lors de la mise en place de ce contrat local de santé en partenariat avec la CPTS, c’était l’opportunité de financer cinq ans d’études à raison de 7000 euros par an, c’est-à-dire 35 000 euros, à des étudiants en médecine, de telle façon qu’ils viennent sur le territoire du Saulnois. C’est à l’initiative de la communauté de communes, décidé en conseil communautaire et le recrutement s’est fait en lien avec la CPTS. Alors, on a communiqué fort pour attirer ces étudiants, mais également on a prouvé que le territoire pouvait être actif, que le territoire pouvait accueillir de jeunes médecins, de jeunes praticiens, seuls ou avec leur famille, pour leur donner une opportunité professionnelle, mais également une vie privée digne de ce nom.

Aujourd’hui, il y a une vraie problématique de désertification médicale dans ce territoire ?

Thierry Jung : Oui, complètement : on a des médecins qui partent à la retraite ou qui sont susceptibles de partir dans les cinq prochaines années, ça, c’est un problème. L’autre problème, c’est qu’on a des besoins croissants au regard du vieillissement de la population.

Comment vous l’attirez sur ce territoire, cet étudiant ?

Michel Hamant : Il faut que le territoire soit suffisamment attrayant et attractif, aussi bien en termes professionnels pour les généralistes qui seront diplômés, mais également pour donner l’envie de venir habiter dans le Saulnois, un territoire qui est à proximité de Nancy, à proximité de Metz, à proximité de Sarrebourg, et avec une infrastructure au niveau hospitalier qui est vraiment digne de son nom puisqu’on a deux hôpitaux sur le territoire. Et puis on a tout un réseau de professionnels médicaux, paramédicaux qui existent, mais comme le soulignait Thierry, qui vont être amenés à disparaître au fur et à mesure de départs en retraite.

Thierry Jung : En fait, le souci, c’est surtout de faire connaître ce territoire et tous les attraits dont vient de vous parler Michel Hamon.

Et en contrepartie, quelle demande est faite à l’étudiant qui arrive ?

Thierry Jung : La demande c’est un engagement contractuel à s’installer sur le territoire. Après, il peut y avoir d’autres demandes annexes de l’étudiant, par exemple les problèmes de logement ou les problèmes d’emploi de conjoint. Donc là, la communauté de commune du Saulnois est parfaitement à même de répondre à cette problématique-là aussi.

Il faut le convaincre de rester donc.

Michel Hamant : On a un réseau de 128 communes, qui sont principalement des centres-bourgs, qui sont effectivement des gros demandeurs en termes de médecins généralistes. Les communes vont rajouter à cette proposition de financement des études : il y a des locaux, il y a des dispositifs d’aide, etc. Dans ce cadre, il appartient à chaque commune d’être attractif par rapport à ça. Mais la communauté de communes participe déjà avec ces 7 000 euros, soit 35 000 euros sur 5 ans d’aide pendant les études.

Thierry Jung : On y croit fort, le territoire a beaucoup d’attrait, donc il n’y a aucune raison que ça ne se passe pas bien. Ce sont les territoires les plus dynamiques qui arriveront à sortir leur épingle du jeu, donc on essaie vraiment d’être opérationnel. On ne rate jamais une occasion de parler aux étudiants. On participe aux congrès, par exemple, des internes à Nancy ou à Strasbourg. On participe également aux forums des métiers dans les lycées pour essayer d’utiliser des vocations. C’est vraiment un cheval de bataille important pour nous. C’est une pierre d’achoppement qu’il ne faut pas rater.

Aujourd’hui vous signez un tout premier contrat de soutien à un étudiant en médecine, c’est une satisfaction ?

Michel Hamant : Oui, tout à fait. C’est une généraliste qui arrive sur le territoire. On espère qu’il y en aura d’autres. On a été agréablement surpris parce qu’il y a d’autres intercommunalités qui avaient mis en place ce type de dispositif, qui n’ont jamais trouvé d’étudiants qui ont répondu à leur demande. En plus, cette candidate est quelqu’un qui habite dans le Saulnois.

Quel a été le rôle de la CPTS ?

Michel Hamant : Nous sommes en partenariat depuis l’idée, lors de la dernière mandature, jusqu’à maintenant, car la CTPS est vraiment au cœur du secteur médical. Une communauté de communes n’a pas cette compétence qui est la connaissance de la santé, la connaissance des professionnels et l’interaction en direct avec l’ARS, bien sûr.

Thierry Jung : Avec toute l’humilité qui est nécessaire, on donne les compétences de santé aux communes, ce qui est une bonne chose. Car parfois, ça donne des programmes qui sont un peu déconnectés de la réalité. L’intelligence de tout ça, c’est de travailler main dans la main en partenariat, d’une part entre les officiels de santé et d’autre part avec les élus.

D’autres candidats à venir ?

Thierry Jung : On a d’autres pistes pour des étudiants qui vont être concrétisées dans les mois à venir, en tout cas, on le souhaite.

Photo : Thierry JUNG – Président de la CPTS Moselle Sud, Faly LEROY, étudiante, Michel HAMANT, VP en charge du Contrat Local de Santé du Saulnois, Delphine LALLEMAND, Coordinatrice de la CPTS et Thierry CHATEAUX, Président de la Communauté de Communes du Saulnois © CC Saulnois

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Chef d'édition numérique. Présentateur. Journaliste référent politique.

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