Nouvelle attaque du représentant du RN, Etienne Anstett, au maire de Metz, dans une affaire qui concerne la mosquée messine Millî Görüş.
Etienne Anstett, chef de file du groupe d’opposition RN au conseil municipal de Metz, a annoncé saisir le procureur de la République de Metz, le préfet et le ministre de l’Intérieur suite à une délibération « énigmatique » proposée en conseil, a-t-il confirmé ce vendredi. Ces trois saisines reviennent sur son intervention lors du conseil du 24 septembre. En cause, une délibération qui aurait été « modifiée » pour « cacher » le bénéficiaire de la cession d’un terrain communal. Précédemment inscrit comme étant la confédération islamique Millî Görüş en commission, il est devenu « Football Club Espoir de Metz », domicilié à la même adresse à Bellecroix, rappelle l’élu qui en a profité pour interroger le maire sur la raison et qui a annoncé avoir questionné le District Mosellan de Football sur ce club.
Lors de son intervention, Etienne Anstett affirme avoir eu la confirmation par les autorités du football que le club n’a fait aucun match officiel et n’a aucun licencié depuis 2011. « Pourquoi une association au nom énigmatique (…) dans une mosquée, aurait le droit d’acheter un territoire communal à 2 euros du mètre carré ? » demande-t-il, tout en souhaitant le report du point en attente des réponses de la préfecture. En effet, la délibération prévoyait de céder un parking situé devant la mosquée de la rampe de Bellecroix pour 2 523,10 euros (soit 2,30/m2) à l’association Football Club Espoir.
« Si on voulait le cacher, on n’aurait pas mis le nom dans la délibération »
Depuis le début de l’année, Etienne Anstett mène un combat contre l’association CIMG et la mosquée messine. Il avait accompagné une équipe du média d’extrême droite Frontières dans l’établissement, ce qui avait provoqué plusieurs réactions de la communauté musulmane de Metz. Suite à cette critique sur l’illégalité de cette délibération jugée insincère et contraire à l’intérêt général dans la loi de financement d’un culte non concordataire, le maire de Metz a répondu en conseil qu’il « n’y avait rien de caché » : « il suffit de me poser la question et je donne la réponse, il n’y a donc rien de caché. Si on voulait le cacher, on aurait pas mis ce nom dans la première délibération ».
François Grosdidier a ensuite demandé à ne pas « faire de procès d’intention », critiquant que la question soit posée car « c’est une association musulmane, et ça n’aurait pas posé de problème avec des catholiques ou d’autres ». Le maire s’est ensuite défendu d’avoir changé le bénéficiaire pour vouloir simplement « vendre à un acteur local, que je connais, avec des Messins en face (le club de football, ndlr) » qui est aussi « une des associations qui achète et un des utilisateurs de ce parking ». Quant au nombre de licenciés, « il y a des clubs qui peuvent ne pas participer à des ligues sportives, et pratiquer quand même », estime le maire. La cession a été validée sans les votes du groupe RN (contre), et le groupe LFI/EELV qui n’a pas participé.


