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« C’est du jamais vu » : face à la baisse des prix de la viande, les éleveurs bloquent l’abattoir Charal de Metz

À Metz, l’abattoir Charal, du groupe Bigard, a été bloqué mardi 28 juillet par des agriculteurs. À l’appel des syndicats FNSEA, des JA et de la FNB, ils dénoncent la baisse « injustifiée » des prix de la viande.

Aucune cargaison de bétail n’a franchi les grilles de l’abattoir Charal de Metz durant la matinée du mardi 28 juillet. Le site du groupe Bigard a été bloqué par une soixantaine d’agriculteurs. Tous dénoncent la baisse injustifiée des prix de la viande appliquée par l’abatteur. Pascal Schoeser, polyculteur-éleveur à Sarrable, explique : « Sur les jeunes bovins, sur une carcasse de 500 kilos, ce sont 500 euros qui manquent par bête par rapport à il y a quatre mois. » Quentin Hennequin, polyculteur-éleveur à Failly, s’inquiète : « Si le prix descend, on va revendre des bêtes à perte. Pour nous, ce sont des prix qui ne sont pas possibles. Surtout que cette année, nous avons fait une moisson qui était moyenne. Et on compte énormément sur l’élevage pour avoir un peu une meilleure rentabilité. »

Une baisse jugée « artificialisée »

Selon la Fédération nationale bovine, c’est du jamais vu. « Il y avait une vraie dynamique de prix, enfin collé au coût de production. Donc un vrai prix pour les éleveurs. Et la baisse, là, elle est complètement artificialisée, parce que les groupes d’abattage se sont mis d’accord pour dire qu’il faut qu’on baisse et qu’on retrouve plus de marge, plus de rémunération pour eux », confie Philippe Boehmner, secrétaire général adjoint de la Fédération Nationale Bovine.

Des craintes pour l’avenir de la filière

Cette situation suscite incompréhension et inquiétude chez les éleveurs, qui redoutent déjà des conséquences sur l’avenir de leur profession. « Le risque, c’est que les éleveurs diminuent la production, qu’ils décapitalisent. À terme, on a peur pour l’installation des jeunes. Pour qu’un jeune s’installe aujourd’hui, il faut qu’il ait un revenu et sans visibilité à trois ou quatre ans, il ne peut pas s’installer », confie Christophe Niedercorn, secrétaire général adjoint de la FDSEA 57.

Les syndicats de la FDSEA 57, de la Fédération Nationale Bovine et des Jeunes Agriculteurs demandent l’ouverture de négociations avec l’abatteur afin d’obtenir une rémunération plus juste pour les éleveurs. Contactée, la direction de Charal n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Emma Facchetti
Emma Facchetti
Journaliste Reporter d'Images.
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