Le candidat de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, est venu présenter son livre à Metz, avant de rejoindre Molring où le maire est l’un de ses fidèles soutiens. Interview.
« Votez au premier tour pour qui vous préférez. Mais si vous continuez à voter en fonction des faux sondages du premier tour, on aura toujours des élus qui ne vont pas ». Nicolas Dupont-Aignan est reparti en campagne, une quatrième fois. Et à la question de savoir si cette fois c’est la bonne, il garde espoir : « il y a 16% des Français qui veulent me voir candidat alors s’ils votent pour moi, ça peut changer. Car il y a en marre des alternances ratées. Je serai le seul candidat souverainiste, gaulliste, indépendantiste (…) Je suis convaincu qu’il peut se passer quelque chose ».
Venu à Metz pour dédicacer son nouveau livre « 2027 la liberté ou la mort », le candidat n’a pas rameuté les foules. À peine une dizaine de personnes pour acheter et faire signer le dernier ouvrage, manifeste de campagne de 300 pages. C’était donc plutôt une conférence de presse improvisée. « On peut se dire : mais pourquoi deux ans de travail pour 5000 ventes… Mais un livre, c’est planter une graine. Et c’est aussi utile pour moi, pour clarifier ma pensée pendant la campagne ». Entouré de « fidèles » de son parti, mais aussi de nombreux ex-RN comme Franck Calais (suppléant de Voinçon aux législatives 2024) ou Thierry Gourlot (ancien candidat FN aux municipales ou aux régionales à Metz), Nicolas Dupont-Aignan a affiné sa ligne : « je ne suis pas de droite ou de gauche, je suis Français. Je pense que tous les patriotes de tous les bords devraient se rassembler pour libérer la France ».
« Libérer la France »
Mais la libérer de quoi ? De l’Union européenne, de l’OTAN, de la mondialisation. « Nous ne sommes pas plus fort avec l’Union européenne » atteste le souverainiste qui détaille ses mesures dans le livre. Lancé sur le pacte de l’industrie signé à Metz il y a quelques jours par la région, il confirme : « l’état a abandonné la France productive. Mais les torts sont partagés entre l’Europe, avec Van der Leyen qui a accepté la concurrence déloyale et nous, qui avons mis trop de norme, trop de charge, ça a tué notre industrie », faisant écho aux mêmes arguments donnés par Laurent Jacobelli (RN) durant les débats. Prenant exemple des USA, il prône des mesures protectionnistes pour les nationalisations. « Mettons des barrières douanières. Les élus qui votent ces mesures sont responsables du chaos actuel. Je propose une baisse des charges uniquement pour les entreprises qui réinvestissent en France, mais aussi des droits de douane correctifs que tous les pays appliquent, sauf l’Europe. »
Le candidat défend une sortie de l’Union européenne, pas stricte et dure, mais pour revenir à une « Europe des nations ». « Ça n’empêchera pas de travailler avec nos voisins : je veux juste que le président de la République ne soit pas sur le siège passager mais au volant », illustre Dupont-Aignan. « Je suis convaincu qu’il y a des coopérations à faire pour être plus fort, mais ciblés, pas à 27 ». Le maire d’Hyerres estime être aujourd’hui être « le seul candidat sérieux qui propose de sortir de l’Union européenne », critiquant une idée qui a été transformée en « folklore » : « je ne vais pas brûler un drapeau européen… »
« Reconstruire une Europe des nations »
Son programme repose donc en quatre étapes : « reconstruire une Europe des nations », puis « maintenir la paix » avant de réindustrialiser la France et s’occuper de la ruralité. « Je serai aussi le candidat des zones rurales », explique « NDA » qui se rend la même journée à Molring, 7 habitants, où le maire Maurice Bello, « un ami », lui avait donné son parrainnage en 2022. « Je suis aussi le seul candidat à vouloir instaurer le RIC, référendum d’initiative citoyenne. Les élites ne veulent pas écouter le peuple, on l’a vu sur le Mercosur, sur l’immigration, la désindustrialisation… Je veux aussi augmenter le pouvoir d’achat en baissant les charges salariales, faire un plan du made in france, rétablir l’ordre ».
Quant à savoir ses soutiens mosellans pour 2027, difficile à dire pour l’instant. Une trentaine d’élus du territoire, principalement de petites communes rurales, l’avaient soutenu en 2022. Si Thierry Hory, maire LR de Marly et lui aussi ancien RPF, est venu « en ami », son parrainage devrait aller chez Retailleau. La candidature de Dupont-Aignant va-t-elle fragiliser l’aile droite de la droite ? « On va me parler de division, évidemment. On va me dire pourquoi suivre quelqu’un qui fait 4%, mais si on dit ça, on ne ferait jamais rien » dit-il, souhaitant s’imposer comme « une vraie alternance ». Et même s’il avait soutenu le RN en 2022, « il y a un désaccord. Le RN, M. Retailleau, M. Zemmour, ils disent des choses justes. Mais ils ne veulent plus sortir ou réformer de l’UE, donc malgré leurs bonnes intentions ils ne pourront rien faire, ils risquent d’être impuissants (…) Des promesses d’alternance j’en ai connu avec Chirac, avec Sarkozy, et au pouvoir il n’y a plus personnes, je ne veux pas que ça recommence avec le RN ».





