France Travail a publié, le mardi 2 juin, les résultats de son enquête sur les besoins en main-d’oeuvre. En Moselle, 23 000 projets de recrutement ont été recensés. Parmi les métiers les plus recherchés on y retrouve les auxiliaires de vie et les serveurs de restaurant. Des professions essentielles, mais confrontées à de fortes difficultés de recrutement.
Il est peu avant dix heures, Delphine arrive chez sa deuxième bénéficiaire de la journée. Elle souffre de troubles cognitifs et a besoin d’aide au quotidien pour chacune de ses tâches. Un soutien essentiel, toutefois pas toujours évident. « Quand il faut lever ou faire les toilettes, tout le monde n’aime pas. Et puis les horaires, je sais que moi, avant, je n’avais pas trop de vie. Je faisais toute la journée voire les week-ends et c’était en coupure. C’est-à-dire que je pouvais travailler de 10h à midi puis reprendre qu’à 19h. » explique Delphine Risse, auxiliaire de vie depuis sept ans.
« Pendant qu’on travaille, tout le monde s’amuse »
C’est entre autres pour ces raisons qu’auxiliaire de vie est un des métiers les plus recherchés en Moselle. Juste derrière, un autre secteur souffre de ce manque d’attractivité, celui de la restauration. « On a des horaires en coupure, c’est quelque chose qui est handicapant. Tous les matins on commence à une heure sans savoir quand on va finir. On a une idée mais c’est jamais exactement ça. Une autre contrainte peut-être que les gens s’amusent quand nous on travaille. Les week-ends, on est en train de travailler pendant que tout le monde sort et s’amuse. » rapporte Riad Hamrat, serveur depuis un an au restaurant du Parc.
Une adaptation forcée
Des contraintes qui poussent donc les patrons à réagir. Ils mettent des choses en place pour le confort de leurs employés comme l’explique Johanny Grandclaude : « Pour nous, ce qui est le plus important, c’est que les salariés aient toujours les mêmes horaires, un planning fixe avec des bénéficiaires qui sont toujours les mêmes. Au-delà de ça, quand on les recrute, on leur demande quelle est leur importance dans leur vie personnelle. » C’est également le cas pour Christophe Roussey, co-gérant du restaurant du parc, qui, en plus de proposer un cadre et une ambiance de travail agréable, essaie de s’adapter : « Nous avons la chance de proposer deux jours et demi de congé consécutif. Après, on essaye d’être cohérent sur les rémunérations. Il faut aussi ne pas chercher à vouloir faire absolument du pas cher. »
Des dispositions qui ne suffisent pas toujours… surtout dans les milieux ruraux. En France, sur ces territoires, deux entreprises sur trois rencontrent des difficultés pour recruter.
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