Sur ses réseaux sociaux, le maire de Metz dénonce l’insalubrité du Centre commercial Saint-Jacques. Habitants et mairie pointent un site laissé à l’abandon, tandis que le propriétaire reste silencieux.
« Voyez comme c’est dégueulasse. J’en ai marre. » dénonce François Grosdidier. « Nous sommes ici au centre Saint-Jacques, dans le cœur historique de la ville de Metz, de la ville la plus propre de France et l’une des plus belles. Et nous avons ce site qui est complètement à l’abandon. » Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le maire de Metz fustige l’insalubrité du centre commercial Saint-Jacques. Un constat partagé par de nombreux habitants. « C’est vraiment pas très propre », accusent certains. « Vous allez dans un commerce comme ça, vous n’avez pas envie ! ». Certains viennent jusqu’à nettoyer eux-mêmes les lieux. « J’ai nettoyé près des escalators, j’ai caché ça derrière des piliers. »
La zone commerciale semble délaissée. Depuis 2023, le centre Saint-Jacques appartient à la Société des Grands Magasins, dirigée par Frédéric Merlin. Le maire affirme avoir tenté à plusieurs reprises de le contacter, sans succès. « J’ai déjà mis en demeure en mai dernier d’entretenir, de nettoyer, au titre de mes prérogatives d’hygiène publique selon le code de l’environnement. J’ai resigné une lettre de mise en demeure le 10 décembre dernier, à nouveau pour la même chose. Entre-temps, nous avions deux rendez-vous qui étaient prévus, qu’il a annulés sans raison et sans reporter de date. C’est une totale désinvolture. »
Le nettoyage ne serait plus assuré en raison d’un mouvement de contestation : « Il n’y a pas de grève, mes salariés sont payés depuis toujours, encore ce mois-ci ils seront payés, même si, depuis le 2 décembre, je les ai mis en salle de pause », déclare Stéphane Dhalmann, directeur de la société de nettoyage ESSI Metz. « Aujourd’hui, je ne peux pas vivre avec des factures qui ne sont pas payées, ça s’appelle des cadeaux. Et je ne peux pas payer mes salariés avec des cadeaux », poursuit-il, « Je ne peux pas rentrer dans le détail. Si j’en suis arrivé à ça, c’est que c’est important. On n’est pas sur 1 000 euros, il ne faut pas abuser non plus, mais on est sur une somme conséquente… » À la question de savoir combien de salariés cela représente, il répond : « C’est très lourd. Ce n’est pas non plus un petit chantier. Il y a beaucoup de monde. »
Si la propreté relève de la compétence de la Ville, le centre Saint-Jacques reste une propriété privée. « Est-ce que c’est la société qui a un problème dans ce qu’elle échange de société ? Est-ce que c’est lui-même qui n’a pas payé la société ? J’en sais rien », se questionne François Grosdidier. « Tout ce que je sais, c’est que s’il ne le fait pas avant la fin de la semaine, c’est la Ville, comme la loi nous le permet, qui procédera d’office et qui lui présentera la facture », termine le président de la Métropole de Metz. Alors qu’un « litige » est évoqué, Stéphane Dhalmann préfère tempérer « Il n’y a pas de litige entre SGM et ESSI. La solution est simple : un virement de la part de SGM débloquera la situation. »
Contactés, les responsables du centre Saint-Jacques n’ont à ce jour pas répondu à nos sollicitations.
Article modifié le 18/12/2025
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