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« Ça devient très compliqué de faire cours dans de bonnes conditions » : les enseignants du collège Paul-Langevin à Hagondange en grève

Ce mardi est marqué par une grève massive au collège Paul-Langevin de Hagondange : enseignants et parents d’élèves dénoncent un manque de moyens et de mauvaises conditions de travail.

Une cour inhabituellement vide, à l’inverse d’un parvis plus rempli. Devant les grilles du collège Paul Langevin à Hagondange, enseignants et parents d’élèves expriment leur mécontentement. Sur la quarantaine de professeurs que compte l’établissement, près des trois quarts ont cessé les cours dans ce collège qui accueille environ 550 élèves. Sur les 32 qui devaient travailler aujourd’hui, 29 sont en grève.

Ce mardi matin, entre environ 8 h et 11 h, le mouvement est soutenu par l’Association des parents indépendants et la FCPE, avant la tenue d’une assemblée générale : « On manque d’encadrement pour les élèves. Pour l’instant, on a des classes qui sont assez stables, avec moins de 30 élèves. L’année prochaine, s’il y a une classe qui ferme, ils seront beaucoup plus nombreux », raconte Amris Sial, vice-présidente de l’association de parents d’élèves adhérents. « En sachant qu’il y a des classes ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire), ce sont des élèves qui ont besoin d’un encadrement spécifique et de moyens différents. La classe est déjà pleine et il y a d’autres élèves qui arrivent à la rentrée prochaine et qui vont se retrouver dispatchés dans des classes, entre guillemets, “normales”. Et ils ne seront pas encadrés comme il faut », déplore-t-elle.

Le collège d’Hagondange à la recherche de « stabilité »

Autre sujet : l’absence de cantine. Depuis plusieurs années, les élèves doivent se rendre à pied jusqu’à celle de Talange, à une vingtaine de minutes de marche jusqu’au Lycée Gustave Eiffel. Par ailleurs, le collège d’Hagondange, autrefois classé en zone à éducation prioritaire, une politique d’éducation prioritaire ayant pour objectif de corriger l’impact des inégalités sociales et économiques, a perdu ce statut il y a quelques années.

« On a perdu ce statut du fait de barèmes, de calculs qui ont changé, etc… Alors qu’on garde les mêmes élèves, les mêmes problématiques. Et aujourd’hui, on a des conditions de travail qui se dégradent au fur et à mesure. On a des classes qui ferment, avec des effectifs qui sont de plus en plus chargés. Et ça devient très, très compliqué de faire cours dans de bonnes conditions et d’assurer correctement notre travail », raconte Sophie Legrand, professeure de SVT au collège Paul-Langevin.

Enfin, l’instabilité de la direction interroge : en sept ans, cinq chefs d’établissement se sont succédé « On milite pour une stabilité de la direction, parce que c’est compliqué de mettre des choses en place », évoque Madame Legrand. « Si on n’a pas une direction pérenne, il faut toujours repartir de zéro, que tout le monde reprenne un peu ses marques… Et déjà là, ça créer des problèmes… » Contactée, la direction n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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