Près de 400 personnes, dont des enfants, ont défilé dans les rues de Metz pour défendre leurs droits, alors qu’un projet de loi était présenté dans le même temps par le gouvernement sur la protection de l’enfance.
« Même petits, on a des droits », « Respectez nos droits ! » « Nous, les enfants, sommes mal compris ». Dans leurs mains, ces slogans inscrits sur les pancartes ont envoyé un signal fort. Une centaine d’enfants a répondu présent à l’occasion de la Marche pour l’enfance et la Jeunesse ce mercredi 27 mai à Metz. Un moment symbolique organisé par l’Ecole des parents et des éducateurs (EPE) en Lorraine. Dans un cortège pacifique rythmé par une ambiance festive, les jeunes participants ont réclamé davantage d’écoute, plus de respect et une meilleure protection dans un contexte marqué par les violences sexuelles en milieu périscolaire.
« L’actualité nous montre que les enfants restent particulièrement victimes de violences. Protéger les enfants, c’est protéger notre société. », affirme Eric Delemar, défenseur des enfants et adjoint de Claire Hédon, défenseure des droits. Selon l’Unicef, un enfant subit un inceste, un viol ou une agression sexuelle toutes les 3 minutes en France. « On doit faire en sorte qu’ils n’aient plus besoin d’attendre pour être entendus, crus, protégés et accompagnés », poursuit-il.
« Pas encore assez de sensibilisation »
Sous un soleil de plomb, certains jeunes ont pris la parole en public afin de partager leurs expériences et leurs préoccupations. Emie et Julia, deux jeunes adolescentes, s’inquiètent : « Aujourd’hui, dès l’âge de 15 ans, on nous demande de faire des choix déterminants comme si l’enfance devait se plier aux règles du monde du travail. Grandir n’est pas une performance. Un enfant ne devrait jamais se presser de devenir quelqu’un, il est déjà quelqu’un. ». « On a besoin d’être mieux compris et entendus », résume Kylian. Les parents étaient aussi invités au sein du village installé place de la République, où une vingtaine d’acteurs du territoire a sensibilisé le grand public à la cause.
« On se rend compte qu’il n’y a pas encore assez de sensibilisation », s’attriste Gen Seltzer, responsable Unicef en Lorraine. « Les enfants sont soumis aux injonctions, souvent paradoxales, des adultes. On leur reproche d’être trop sur les écrans, mais on ne supporte plus qu’ils fassent du bruit dans la rue », déplore Eric Delemar.
Un projet de loi pour protéger les enfants et leurs droits
Alors, comment mieux écouter les enfants et protéger leurs droits ? La question était dans le même temps à l’étude au conseil des ministres, avec un projet de loi proposé par le gouvernement ce mercredi 27 mai. Le texte prévoit notamment une « liste noire » nationale pour empêcher tout recrutement, dans les espaces concernés, de personnes condamnées pour des atteintes à l’intégrité des mineurs. Ou encore une protection d’urgence en cas de dénonciation par un enfant de faits de maltraitance commis par un parent. « Il faudra aussi donner des moyens supplémentaires aux accompagnateurs ! », rappelle toutefois Eric Delemar, présent au village des droits des enfants à Metz.
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