Les agglomérations de Thionville et de Cattenom vont lancer un vaste projet de réseau de « chaleur fatale » pour chauffer le territoire grâce à l’eau de la centrale nucléaire.
« Nous en sommes aux études, mais c’est un projet novateur et qu’on peut même qualifier d’unique en Europe ». A l’occasion de la rentrée de Thionville Fensch Agglomération, son président (et maire de Thionville) Pierre Cuny ne manquait pas de superlatifs pour présenter le projet de réseau de chaleur fatale en lien avec la Communauté de Communes de Cattenom et Environs, non loin de là.
Le but : réutiliser une énergie actuellement perdue dans la nature, l’eau chaude, à 60°, qui se dégage des turbines du centre de production nucléaire de Cattenom. « Virtuellement, on peut dire que la centrale est une source d’énergie illimitée pour ce réseau de chaleur. Car même si une unité est en sommeil, les 4 ne sont jamais éteintes en même temps ». De la même façon, et encore cette semaine devant l’assemblée départementale, Pierre Cuny a milité pour soutenir le renouvellement de l’exploitation jusqu’en 2060 de la centrale, et même l’implantation des EPR en Moselle.
Du côté de la CCCE, on s’est engagé très tôt dans ce partenariat, qui provient de l’échec d’un projet similaire avec ArcelorMittal. Dès 2023, le réseau de chaleur fatale est mis en branle. « Nous voulons augmenter la valeur ajoutée de cette centrale. A terme, on peut prévoir d’étendre son utilisation jusque dans la Fensch, sur le ban de l’Euro-métropole de Metz et même chez nos voisins luxembourgeois s’ils sont intéressés par une énergie décarbonée », ajoute Roland Balcerzak, maire d’Hettange-Grande et président de la CCCE.
Le projet, qui pourrait démarrer en 2029-2030, a un premier objectif : chauffer les bâtiments publics de toute l’agglomération thionvilleoise, Hettange-Grande et Cattenom. Puis les habitations de TFA, soit un bassin de population de plus de 150 000 personnes, 200 000 en comptant les autres communes visées. Moins chère, moins polluante, cette façon de produire l’énergie a tapé dans l’oeil d’EDF, via sa filiale Dalkia, qui mène les études. « C’est une question aussi de souverainté dans une période incertaine en Europe actuellement », analysent les deux présidents.
Photo © Jonathan Vaucher


