Tamara Horacek : l’heure de gloire

Son histoire avec l’équipe de France a débuté en 2016 mais dans le cadre de l’Euro 2022, Tamara Horacek s’apprête à jouer un rôle majeur sous les ordres d’Olivier Krumbholz. Elle s’est livrée dans une interview à la Maison du Handball avant le départ des Bleues vers la Macédoine.

Tamara, quel est l’état de forme avant cet Euro ?
Je vais bien ! Je suis contente d’être là, contente et honorée d’être appelée en équipe de France. J’ai hâte que ça commence.

Commençons par un bilan du début de saison de Metz Hanbdall. Les choses sont plutôt positives.
On peut dire que le bilan est presque parfait. On peut parler de la victoire à Györ. Si on nous avait demandé en début de saison si on allait faire ça, bien sûr que tout le monde aurait signé. L’effectif avait été renouvelé et je pense qu’on a fait une bonne première partie de saison et on a montré qu’on était capables de grandes choses malgré la défaite à Esbjerg. Il fallait forcément un loupé, ça a été là bas, mais je suis satisfaite de l’équipe et du parcours jusqu’ici.

Justement, comment justifier cette défaite ? Un jour sans? Une équipe était revancharde ?
Oui, un jour sans ça arrive. On avait enchainé tous les gros matchs à l’extérieur et à un moment donné on allait forcément être moins bien. Je pense qu’elles étaient revanchardes aussi par rapport au Final 4, elles n’ont pas aimé leur défaite. Et cet ensemble de chose à contribué à ce que tout leur réussisse ce jour là. Mais je suis contente qu’on les reçoive au match retour.

Et Györ, ça a été le déclic qui a permis d’effacer la présaison en demi-teinte notamment ?
Avec nos deux défaites contre Bietigheim on s’était remis en question mais quand la saison a commencé c’était un autre état d’esprit. Au début du championnat on savait qu’on avait un cap à passer, physiquement et mentalement mais plus les matchs avançaient plus on avait confiance en nous. Contre Györ ça nous aide à faire un match presque parfait.
Et puis quand on regarde l’autre groupe on voit que Bietigheim fait de gros matchs et on se dit que finalement on était pas si nulles que ça ! (rires)

Le déséquilibre entre les poules vous pousse d’ailleurs à finir à tout prix à une des deux premières places pour éviter un « gros ».
Dans tous les cas on va jouer un gros. Mais oui, finir premières ou deuxièmes c’est l’assurance de passer un tour en plus et pour aller au Final 4 il faut jouer tous les gros de toute façon. On a montré qu’on était capables et j’espère que ça se reproduira au fil de la saison. J’ai confiance en cette équipe.

Est ce que l’arrivée de joueuses internationales cet été (Jorgensen, Maslova), change quelque chose au sein de l’équipe ?
Oui et non. Ce sont surtout d’autres cultures à voir, d’autres façon de travailler. Kristina est toujours souriante, humainement c’est une très bonne personne et je pense que ça nous apporte ce truc en plus que Louise essayait déjà de véhiculer. Valeriia également, elle est toujours souriante, une vraie bosseuse. Avec tout ça on est toujours une équipe jeune qui a le droit à l’échec mais qui a faim de victoire, qui est travailleuse.

Toujours sur Kristina Jorgensen, elle a ce côté patronne d’équipe.
Elle a ça en elle, ce caractère. Sportivement elle est très complète, en attaque comme en défense. J’adore partager le quotidien avec elle sur notre poste. On est complémentaires, on se parle beaucoup.

Parlons de Chloé Valentini, son niveau de jeu est exceptionnel cette saison…
(rire) Tout le monde le voit depuis le début de saison ! Elle est la meilleure ailière gauche au monde en ce moment. Elle est sur un nuage et ça me fait plaisir de la voir comme ça. La saison dernière elle a changé de club et avant ça, Besançon c’était sa maison. En arrivant à Metz on te demande chaque jour d’être à 200% et maintenant elle a toutes ces informations. Aujourd’hui elle sait à quel moment partir en montée de balle, toutes ces choses là. Il n’y a plus 10 000 questions dans sa tête et elle est extraordinaire. J’espère que ça va continuer, elle le mérite.

Qu’est ce qui t’impressionne le plus ?
Tout. Ce n’est pas juste sa montée de balle, c’est aussi comment elle arrive à attraper certains ballons et puis défensivement… j’ai le plaisir de défendre à côté d’elle et c’est un régal.

On connaît ton exigence, es tu satisfaite de ton début de saison ?
Je vais vous dire oui… et non. Satisfaite, oui mais on peut toujours mieux faire. Tout dépend de comment on m’utilise. Si je peux apporter plus en défense et bien j’apporterai en défense. J’aime défendre et c’est mon socle pour m’améliorer encore en attaque. Mais dans tous les domaines je peux mieux faire et j’espère progresser durant la saison.

En tout cas ce niveau de jeu a ouvert les portes de l’équipe de France pour un Euro ou il y aura des responsabilités à prendre en l’absence de Méline Nocandy.
Malheureusement oui. J’ai été dégoutée pour Méline. Je l’ai vécu aussi et je ne souhaite ça à personne. Mais Méline c’est encore plus particulier, il ne fallait pas que ça lui arrive à ce moment là.
Alors il y aura des responsabilités, mais je ne me met pas la pression. Je sais jouer au handball et je vais apporter ce que je sais faire sans révolutionner. Je veux être solide en défense et faire jouer les autres… ensuite si je peux glisser un tir en appui, pourquoi pas ! (rire)

Il y a les Jeux Olympiques qui approchent, c’est une motivation supplémentaire pour montrer ton meilleur niveau ?
Bien sûr. Mais je ne pense pas encore aux JO, c’est loin pour moi. Mais avant tout, c’est mon moment. J’ai les cartes en main en quelque sorte pour que je puisse montrer qui je suis vraiment.

Avec toi il y aura Léna Grandveau, qui débute, mais aussi Grâce Zaadi que tu connais bien.
Être aux côtés de Grâce, je suis sa coloc en plus, c’est quelque chose de beau. On en parlait encore hier et on a débuté ensemble à Metz et même si on a plus 18 ans comme à l’époque, c’est quelque chose que de partager ce poste avec elle.

Ton anniversaire est le 5 novembre, quel cadeau voudrais tu t’offrir ?
Je veux gagner et finir sur la plus haute marche du podium.

Comment tu juges l’équipe ? Elle est relativement jeune et tournée vers l’avenir et 2024.
Oui il y a 2024 mais il faut travailler avant, c’est là que ça se construit. L’équipe est jeune mais il y a aussi beaucoup d’expérience et de filles avec beaucoup de médailles. Tout le monde ne nous voit pas aller jusqu’en finale, mais atteindre les demi-finales ça serait très très bien. Je pense aussi qu’on peut créer la surprise, ce n’est pas parcequ’il y a des jeunes qui arrivent que l’équipe de France est moins bonne. Cest jeunes peuvent toutes apporter leur petit plus.

Vous vous fixez les demi-finales comme un challenge ?
On le dit entre nous parceque c’est vrai. On croit en nous. Et puis c’est notre moyen d’intégrer les nouvelles, on a besoin de tout le monde pour réussir. Ce ne sont pas 3-4 joueuses qui nous porteront jusque là. Il faut impliquer tout le monde tout en s’épargnant la pression. Et puis j’aimerais bien qu’on aille au bout parcequ’en France on a de très bonnes joueuses, ce n’est pas l’absence de deux joueuses qui doit changer ça.

Parmi les nouvelles il y a Camille Depuiset. Ta présence et celle de Chloé Valentini aident à son intégration ?
Oui. Mais elle connaissait déjà certaines filles auparavant. Elle doit surement être rassurée de ne pas être seule et de pouvoir tranquillement intégrer le groupe. On essaie de la rassurer, si elle est là c’est qu’elle le mérite et elle a travaillé pour.

Est ce que le positionnement de l’Euro en novembre ça change quelque chose ?
Ca fait bizarre, on a toujours été habituée à le jouer en décembre avec une bonne partie de la saison de passée, le temps de préparer et de faire des réglages. Là, c’est plus complexe, le timing est différent et on ne sait pas vraiment si on est prêtes. Mais on verra sur le terrain.

Est ce que l’enchainement des matchs jusqu’à aujourd’hui t’a fatigué, ou est ce que vous avez pu récupérer ?
Je me sentais un peu fatiguée, mais c’est normal avec tous les matchs à l’extérieur qu’on a disputés, les déplacements d’une semaine, de dix jours… ce n’est pas facile. Mais je sens que ça remonte petit à petit.

Plus de handball avec le dernier Dragonnes Mag et l’interview intégrale d’Olivier Krumbholz.

Matthieu Henkinet
Matthieu Henkinethttps://www.moselle.tv
Chargé de communication de Moselle TV Présentateur de l'émission Moselle Sport et chroniqueur dans l'émission Dragonnes Mag.

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