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Prix des carburants : une baisse de 12 à 18 centimes au 1er novembre

Face à la hausse des prix des carburants le gouvernement a annoncé débloquer 10 millions de barils de ses stocks d’urgence. Objectif annoncé : faire baisser les prix du gazole de 12 à 18 centimes dès le 1er novembre.

En moyenne, le litre de gasoil coûte 2,35 € en France, et c’est même jusqu’à 2,50 € le litre dans certaines stations en Moselle. L’essence elle avoisine les 2,15 € le litre. Face à cela, certains mosellans doivent faire des choix entre les courses ou mettre de l’essence. Pour aider les Français, le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 7 octobre que « 10 millions de barils » seront libérés des stocks stratégiques français, pour « faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes » soit “ 10 euros d’économie à chaque plein en moyenne” selon Sébastien Lecornu.

Les stocks stratégiques permettent en temps de crise de permettre la continuité économique du pays. La France a des réserves : 100 millions de barils en tout selon le ministre de l’Economie Roland Lescure en mars dernier; et le diesel constitue la moitié de ces stocks stratégiques selon la ministre chargée de l’Énergie. Ce sont donc en moyenne 3 mois de stock que la France détient soit “108-110 jours de consommation régulière” selon Olivier Damette, chercheur au laboratoire Beta et professeur des universités en sciences économiques à l’université de Lorraine. Il poursuit : “ce stock n’a pas été créé pour permettre un prix plus bas aux ménages que nous sommes, mais avec la crise au Moyen-Orient, utiliser ces stocks est une manière de réduire un petit peu l’hémorragie”. Il faudra bien renflouer ces stocks à terme. Olivier Damette pointe le fait que si ces stocks sont reconstitués alors que le prix du pétrole ne descend que très peu, cela pourra créer une dépense très importante. “On a constitué un stock sur un prix qui était extrêmement bas. On va devoir combler ce stock sur un prix de marché actuel qui est extrêmement haut. » Il utilise cette image :  

« L’économie c’est comme un Rubik’s Cube. Si vous commencez à toucher un bout du Rubik’s Cube, ça bouge tout.”

Dans une vidéo Sébastien Lecornu se veut rassurant : “ces stocks stratégiques, nous les reconstituerons le moment venu sous l’autorité des organismes compétents, mais aussi en tenant compte désormais de l’évolution future de notre consommation de gazole.”

Prix des carburants : une baisse de 12 à 18 centimes au 1er novembre
Prix des carburants : une baisse de 12 à 18 centimes au 1er novembre

Pourquoi le gazole et pas l’essence ? 

Olivier Damette, chercheur et professeur des universités en sciences économiques à l’université de Lorraine, explique se concentrer sur le gazole : “ce n’est pas une logique arbitraire mais

c’est le diesel qui sert le plus à l’économie française.

c’est le plus utilisé notamment pour les professionnels. Le diesel pour un économiste c’est le carburant de l’économie productive. C’est sur ça qu’on agit en premier. »

De plus, selon le ministère de la transition écologique, sur les 40 millions de voitures en circulation en France au 1er janvier 2026, 46,1% sont des diesel. Et encore, selon plusieurs études, le diesel est davantage utilisé par une population rurale, plus périurbaine. 

La France va mettre 10 millions de barils à disposition des distributeurs 

Lundi 12 octobre, le premier ministre a reçu les distributeurs de carburant pour leur demander de répercuter la baisse des prix à la pompe. Dans sa vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Sébastien Lecornu affirme : “l’État va libérer ce gazole aux distributeurs de carburant à environ 28 centimes d’euros le litre, alors qu’il se négocie aujourd’hui à environ 1,10 euros sur le marché de gros. 

Ces volumes seront répartis entre tous les distributeurs au prorata de leur vente de l’année 2025″ 

il poursuit : il y aura des baisses de prix “partout sur le territoire, en novembre, en décembre et au mois de janvier.”

Cette mesure, comme l’a précisé Sébastien Lecornu, concerne aussi le gazole non routier utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs, les entreprises du bâtiment et des travaux publics ainsi que pour le fioul domestique utilisé pour se chauffer. 

Une baisse à la pompe effective au 1er novembre 

Là encore le premier ministre répond dans sa vidéo : « le 28 octobre, la vente des volumes aux distributeurs commencera, et le 1ᵉʳ novembre, les prix baisseront à la pompe ». 

Mais est-ce que les grands distributeurs ne seront pas avantagés au détriment des stations plus rurales ? Francis Pousse, président de Mobilians la fédération des services de l’automobile a défendu les petites stations : “on a demandé bien évidemment à ce que toutes les stations, y compris les plus petites, puissent bénéficier au plus vite de ces prix remisés, en même temps que tout le monde. » Il poursuit :

« On a demandé à ce que, via un système d’avance de trésorerie, les exploitants puissent bénéficier de cette avance de trésorerie afin de baisser au plus vite leurs prix, au 1er novembre si c’est bien la date qui est finalement décidée.”

A l’issue de la réunion avec le gouvernement, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, s’est engagé quoi qu’il arrive à baisser de 8 à 12 centimes le prix du litre de gazole pour les particuliers et de 20 centimes celui du litre de gazole non routier, GNR. 

Les pays voisins de la Moselle

Le 1er octobre le gouvernement allemand a mis en place une ristourne de 17 centimes sur les carburants. Au Luxembourg le diesel frole les 2 euros. Si les prix sont différents c’est en fonction de la fiscalité et des taxes nationales, du coût du pétrole brut et du raffinage, de la logistique et du transport, des marges des distributeurs, des décisions politiques d’urgence.  Les prix varient, voilà ce qu’expose Olivier Damette, et cela en fonction “ des choix de politiques économiques ”. Chaque pays réalise ses propres arbitrages, certains vont jouer sur les taxes, d’autres vont libérer des stocks, comme la France. 

Prix des carburants : une baisse de 12 à 18 centimes au 1er novembre
Prix des carburants : une baisse de 12 à 18 centimes au 1er novembre

Les baisses effectives arriveront aux alentours du 1er novembre, les prix pourraient être sensiblement différents selon les distributeurs. 

Et Olivier Damette de l’université de lorraine conclue :  “on peut espérer une baisse, est-ce que ça va durer on ne peut pas l’affirmer. La baisse d’imposition est un peu plus sûre mais c’est renoncer à des recettes publiques, le gouvernement français a décidé de ne pas faire ce choix étant très contraint.”

Toute l’actualité du département de la Moselle à suivre en direct sur Moselle TV du lundi au vendredi à partir de 18H00.

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