Crise énergétique et inflation : les boulangers ne veulent pas rester dans le pétrin

Après les fortes hausses des matières premières, les boulangers font face à celle des prix de l’énergie. La facture énergétique de plusieurs boulangeries mosellanes a été multipliée par trois. Si certains ont fait le choix de modifier leurs horaires ou encore d’augmenter les prix pour maintenir leurs activités, d’autres ont fermé boutique. Un reportage d’Emma Facchetti.

Faire du pain frais et croustillant, c’était le rêve de Julien Kühl. Après des années de travail, il a ouvert sa propre boulangerie en août dernier à Augny. « Moi, c’était un rêve que j’avais depuis petit », avoue le jeune homme. L’artisan boulanger a rapidement déchanté lorsqu’il a vu sa première facture d’électricité. Si la facture de l’ancien propriétaire atteignait les 1 200€, celle de cet artisan grimpe à 4 000€. Il explique : « C’est mon four qui consomme le plus. C’est pour cela que j’ai arrêté de cuire l’après-midi. J’ai économisé 500 €. » Pour faire quelques économies supplémentaires, le prix de la baguette a augmenté de 5 centimes.

Le prix du MWh est passé de 78 € en 2022 à 775 € en 2023

Même constat dans cette boulangerie de Montigny-lès-Metz, la tradition est passée d’ 1,10€ à 1,15€. Une hausse devenue inévitable face à la flambée du prix de l’énergie et aussi des matières premières. Rémi Pruvost, artisan à La Grange-aux-Pains, confie : « On constate une forte hausse sur le tarif de jour de l’ordre de fois dix. Pour nous, c’est plus rentable d’allumer le four et de cuir du pain. » Alors pour survivre, ce boulanger a modifié ses habitudes pour la nouvelle année. Lui et son équipe travaillent de nuit, dès 3h du matin. Les 500 baguettes confectionnées, chaque jour, ne sont plus cuitent au fil de la journée, mais toute la nuit jusqu’a 7 du matin. Du jamais-vu en 20 ans de carrière. 

« C’était un crève-cœur, c’est tout le travail d’une vie »

La seule boulangerie de Bourgaltroff, 300 habitants, a fermé ses portes début décembre. « C’était un crève-cœur, c’est tout le travail d’une vie », confie Julien Bernard-Regnard. Lui, qui avait fait sensation avec ses fèves coquines, a été fortement fragilisé par l’envolée du prix des matières premières cet été. La situation s’est aggravée à la rentrée.

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