Conseil départemental de la Moselle : les grands dossiers reprennent

Education, sport, mobilité ou social , le président du conseil départemental de Moselle a profité de la rentrée scolaire pour faire lui aussi son retour face à la presse.

A l’occasion de la rentrée, Patrick Weiten a fait le tour des principaux dossiers du département pour l’année à venir. Tour d’horizon des grands enjeux, entre sport, petite enfance, autonomie ou mobilité.

Des inquiétudes pour la protection de l’enfance. Patrick Weiten s’attriste en parlant d’un « plafond de verre » que le département ne pensait pas atteindre. L’an dernier, « plus de 2000 enfants ont été placés, on ne pensait pas l’atteindre ». Le Centre départemental de l’enfance arrive à saturation, un triste constat qui a amené la Moselle a injecter 11M€ de plus dans le budget, avec une forte utilisation de la pouponnière. « Des efforts non compensés par ailleurs » par l’État.

L’autonomie. « Il manque 300 a 400 places en Ehpad ». Malgré ses 9 200 places, ce n’est « pas suffisant » et le département espère désormais des mesures avec la loi grand âge. Les personnes âgées, une priorité pour la Moselle mais pas que : aider les personnes en situation de handicap est l’un des défis de l’année. « Il y a trop de demandes pour la MDPH ». Une mesure a été lancée : aider mieux ceux atteint de la maladie de Charcot. « On ne peut pas leur demander d’attendre deux à trois mois car c’est un tiers de leur espérance de vie malheureusement ». En 2023, le budget de l’autonomie c’est 218 M€, dont 110M pour les personnes âgées. Là encore, il a augmenté de 9,4 M€, sans être compensé par ailleurs.

Budget. L’action sociale c’est 550 M€ « non compressible » et qu’il va falloir renforcer. Contrairement à d’autres département, le conseil n’est cependant « pas au bord du gouffre ».

Éducation. L’enfance reste encore dans les priorités du département avec la reconstruction de 10 collèges dans un plan global. A Stiring et Saint-Avold, les coûts ont malheureusement explosé par rapport au budget prévu (du simple au triple presque). Mais la transition continuera, en plus des adaptations (15 M€) d’autres collèges aux défis énergétiques ou à la 3e phase de transition numérique (15 M€). Les collèges mosellans représentent 650 000 m² de foncier sur le million qui est la propriété du département. Parmi eux, le collège franco-luxembourgeois d’Audun-le-Tiche, au point mort actuellement.

Mobilité. L’un des grands défis de l’année restera celui de la mobilité. Tout d’abord avec l’A31 bis, dont Patrick Weiten estime qu’il est temps de faire bouger les choses. « Il faut que le gouvernement le lance avant la fin de l’année. Je n’étais pas pour le choix de la concession, mais maintenant que cela a été décidé, il faut s’y mettre ». Le département soutiendra la décision pour désengorger les routes départementales et apporter de l’attractivité au territoire frontalier. Mais au-delà de tout, le président veut renforcer le rail, avec trois grands axes : Sarreguemines-Strasbourg, Thionville-Fontoy-Luxembourg et Forbach-Thionville. « Nous avons des trains, nous avons des gares, nous avons de belles voies. Grâce au rail, on peut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 a 12 tonnes/jour, nous sommes prêts à financer ». Là encore, c’est au niveau de l’Etat que les décisions sont attendues. Le département qui continuera aussi à « revendiquer Lorraine Aéroport », en s’engageant au conseil d’administration. Enfin, la ligne de bus à haut niveau de service entre Hettange-Grande et Frisange est en travaux. « Ce n’est qu’une question d’acquisition de fonciers pour l’instant ».

L’attractivité. Elle passera par plusieurs étapes. Notamment la volonté de « faire rester les jeunes, mais aussi d’aller les chercher très tôt dans les lycées pour leur donner de l’intérêt vers nos grandes industries et entreprises. Nous avons lancé l’action ‘Viens, restes, reviens' ». Le département va travailler avec les collèges pour que les stages de 3e soient plus intéressants et valorisent le territoire. Aujourd’hui, le département s’appuie aussi sur ses 46 000 ambassadeurs pour faire découvrir la Moselle. « En comparaison, l’Alsace en a 29 000 ». Le tourisme en Moselle, c’est 16 600 emplois, 500 M€ de chiffre d’affaire et des retombées en hausse de 12 % sur les sites Passionnément Moselle.

Les JO 2024. On le sait, la Moselle est labellisée Terre de jeux pour les JO 2024. Là aussi, ce sera une façon de faire découvrir le département à l’international. Les sportifs déjà engagés dans des compétitions « sont une fierté » comme Yann Schrub ou Auriana Lazraq-Khlass. « Mais même ceux qui s’entraînent ici en Moselle, ce seront des victoires pour le département, je pense par exemple aux filles de Metz Handball. Le vice-champion du saut à la perche va venir s’entrainer chez nous. » Sur 120 porteurs de la flamme, la Moselle doit en trouver 6. Enfin, dans l’optique des JO, la cité des Loisirs d’Amnéville sera mise à contribution, le département devrait d’ailleurs acquérir la propriété et prendre la présidence de la SPL Destination Amnéville.

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Journaliste Reporter d'Images. Présentateur de l'émission "Pixel Perfect".

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