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« C’est un match que Flora Pili gagnera, quelle que soit l’issue du combat », selon Dominique Nato

Flora Pili s’apprête à défier Katie Taylor devant 80 000 spectateurs à Dublin. Pour le président de la Fédération Française de Boxe, Dominique Nato, la boxeuse mosellane sortira grandie de ce combat.

Quel a été votre ressenti quand ce combat entre Katie Taylor et Flora Pili a été annoncé, début juin ?

Ce n’était pas une surprise parce que Flora est une boxeuse confirmée, qui est multi-titrée. Elle a été championne d’Europe, championne du monde. Mais là, vraiment, sur ce match face à Katie Taylor, qui est un monstre sacré de notre discipline, c’était surprenant, mais pas forcément plus que ça, puisque je pense que Flora est arrivée à un niveau où elle mérite de faire des grands combats, de rencontrer des grandes championnes.

C’est incroyable, quand même, la progression de Flora, elle qui a combattu dans des petites salles, notamment à Saint-Avold, et qui va maintenant se retrouver dans un stade comme celui de Dublin.

Elle a construit son projet sportif avec sa famille, avec son père comme entraîneur, avec le travail surtout. Flora, c’est quelqu’un qui est très professionnel. Je pense qu’il y a eu la conjonction de plusieurs facteurs, dont l’opportunité de travailler avec Salvatore Cherchi, qui a, au niveau du réseau mondial, un carnet d’adresses extraordinaire.

Mais tout ça passe malgré tout par ses performances. Elle n’aurait jamais pu rencontrer Katie Taylor si son palmarès n’avait pas été crédible. Je pense qu’elle a été choisie par Matchroom, qui est l’une des principales entités mondiales à faire de la boxe professionnelle, parce que tout simplement, c’est une très grande championne qui performe. C’est ce qu’il fallait pour Katie Taylor devant 80 000 personnes à Dublin.

Son titre de championne IBO en décembre a forcément bien aidé. En tant que président de la Fédération Française de Boxe, qu’est-ce que représente ce combat pour la Fédération ?

On a deux grands combats qui se présentent dans les mois qui viennent. On a Flora qui va rencontrer ce monstre sacré, Katie Taylor. Puis on a Christian Mbilli qui va rencontrer le Mexicain Saul « Canelo » Alvarez (le 31 octobre, NDLR), l’un des boxeurs les plus cotés au niveau mondial. Nous, on est heureux, fiers d’avoir des champions et des championnes qui sont capables de se frotter au meilleur du gotha mondial.

En plus, pour Flora, c’est une fierté au niveau fédéral. Mais sur ce coup, j’ai plusieurs casquettes : je suis l’ami, le président, elle est membre du comité directeur. Ce sont des gens qui répondent toujours présents pour être au service de notre discipline. C’est fabuleux.

Flora Pili gagne à être connue mondialement. Elle n’est pas encore, par rapport à Katie Taylor, au même niveau de notoriété et elle n’a que 29 ans. Au niveau de la France, qu’est-ce qu’elle représente personnellement pour la boxe et plus largement, pour le sport féminin ?

Pour la boxe, elle représente quand même une championne qui a un certain charisme. C’est une championne qui travaille, qui a du talent, mais pas que. Elle travaille pour s’élever sur le plan sportif, mais aussi sur le plan humain.

C’est quelqu’un qui est, dans la vie civile, intégrée, complètement intégrée, avec laquelle on peut travailler, on peut raisonner sur des projets sportifs, pas seulement dans la boxe, mais sur des projets transversaux. C’est vraiment quelqu’un d’exceptionnel.

Vraiment, je me félicite de voir Flora arriver à ce niveau parce que je pense que sincèrement, elle a les moyens de non seulement perturber Katie Taylor, mais de gagner. On en rêve tous, que ce soit elle, sa famille proche et nous, les instances fédérales. La Lorraine, le Grand Est et le niveau national sont concernés, donc on est fiers, à la veille de ce gros challenge, d’être là, au sein de cette discipline qui mérite des challenges comme celui-là.

Selon vous, comment peut-elle gagner ? Quelle serait la bonne stratégie ?

Je vais laisser son encadrement travailler sur ça. J’ai été entraîneur dans une autre vie. Je vais laisser les gens compétents, qui la connaissent le mieux, son père qui est entraîneur, sa famille et tous les gens qui l’entourent, travailler là-dessus. Parce que la boxe, ça se finit sur un carré de six mètres sur six mètres. Mais avant d’arriver là, il y a tout un travail de fond, à la salle, sur les stages, sur la musculation. Il y a tout un ensemble de partenaires et de facteurs importants qui sont pris en compte.

Il y a une dimension qu’il ne faut pas négliger, c’est la dimension mentale. Pour ça, Flora, on sait qu’elle sait se surpasser. C’est sûr qu’il faudra qu’elle se surpasse, qu’elle soit à son meilleur niveau. Mais faisons confiance. Je sais que, pour avoir eu Pietro Pili et son père à plusieurs reprises, ils se sont déplacés à Paris, ils se sont déplacés à l’étranger pour trouver des partenaires de qualité qui s’apparentent un petit peu au style de Katie Taylor.

Mais c’est sûr que, de toute façon, ce ne sera plus qu’une question de style. Ce sera une question d’engagement, de volonté, de détermination et de dépassement de soi.

Et ce combat face à Katie Taylor, pour Flora, qu’est-ce qu’il peut générer pour la suite, qu’elle gagne ou qu’elle perde ?

C’est clair que de faire un combat de niveau planétaire comme celui-là, c’est plus qu’un championnat, c’est un challenge extraordinaire. De toute façon, elle sera vue par 80 000 personnes dans le stade à Dublin, mais aussi par des millions de téléspectateurs. Donc, quelle que soit l’issue du combat, ça va changer un petit peu la vision que vont avoir les observateurs sur cette championne. De toute façon, c’est un match qu’elle gagnera, quelle que soit l’issue du combat, dans la mesure où elle va trouver un auditoire de niveau mondial.

Au plus proche de l’évènement ! Sur place, à Dublin, Moselle TV vous propose au fil des jours, un suivi intégral de ce combat historique entre Flora Pili et Katie Taylor.

Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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