Après des mois de recherches et de forage, le verdict est tombé : l’hydrogène naturel est bien présent dans le sous-sol mosellan. Une confirmation qui marque un tournant pour ce projet énergétique suivi de près !
C’est une étape décisive qui vient d’être franchie dans l’exploration du sous-sol mosellan : la présence importante d’hydrogène naturel vient d’être officiellement confirmée à plus de 3 600 mètres de profondeur, après des mois consacrés au forage et à l’accumulation de données scientifiques. Réalisé à Pontpierre, un village d’environ 800 habitants situé à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, ce forage record, descendu jusqu’à 3 655 mètres, constitue une première mondiale pour ce type d’exploration. Une imposante plateforme de 41 mètres de haut, acheminée depuis l’Autriche, avait été installée cet hiver afin de concrétiser les recherches engagées depuis plusieurs années dans le bassin lorrain. Jusqu’ici, les travaux visaient surtout à mieux comprendre le potentiel du sous-sol ; les analyses réalisées sur 58 échantillons confirment désormais l’existence de plusieurs zones riches en hydrogène naturel, aussi appelé hydrogène blanc.
Cette confirmation, par la Française de l’Énergie, marque un tournant dans un projet qui, depuis des mois, reposait essentiellement sur des hypothèses scientifiques et des indices prometteurs. En 2023, une première découverte avait été réalisée à Folschviller, à seulement six kilomètres de Pontpierre, laissant entrevoir un potentiel important mais encore incertain. Les nouvelles données recueillies permettent aujourd’hui de valider la continuité de cette présence d’hydrogène à différents niveaux géologiques. Les recherches vont désormais entrer dans une phase plus technique : mesurer précisément les concentrations d’hydrogène dissous et tester des dispositifs capables de séparer ce gaz de l’eau directement dans le sous-sol. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet Regalor II, mené avec le laboratoire GeoRessources de l’Université de Lorraine, le CNRS et plusieurs partenaires industriels.
Les perspectives restent considérables pour la Lorraine et ses territoires voisins. Selon les estimations issues des programmes précédents, le gisement lorrain — qui s’étendrait aussi sur des zones en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne — pourrait contenir environ 34 millions de tonnes d’hydrogène naturel. Cette confirmation renforce l’idée que la région pourrait jouer un rôle stratégique dans la production d’une énergie bas carbone. De nouveaux puits d’évaluation sont déjà envisagés sur un vaste périmètre couvrant plus de 300 communes en Moselle et Meurthe-et-Moselle, tandis que la Française de l’énergie explore également des perspectives similaires à l’international, notamment aux États-Unis.


