Lancé en avril 2026, le Collectif Santé Mentale a sélectionné cinq projets mosellans parmi près de 50 candidatures, avec une enveloppe globale de 70 000 euros. Invité de Moselle Info, André Heintz, président de Moselle Mécènes Solidaires et du Filon, présente cette initiative collective en faveur de la prévention. À ses côtés, Rachel Galerme, coordinatrice de l’antenne messine de l’association Le Jour d’Après, explique comment son association accompagne les personnes confrontées au deuil et entend développer ses actions en Moselle.
Comment est né le collectif Santé mentale et quel est son objectif ?
André Heintz, président de Moselle Mécènes Solidaires et du Filon : « Le collectif a été lancé en avril 2026. Il apporte un soutien financier aux projets retenus, mais aussi un accompagnement dans leur développement. Notre démarche est innovante. Plutôt que d’agir chacun de notre côté, plusieurs fondations et acteurs ont choisi de se rassembler pour avoir un impact plus important sur la prévention en santé mentale.
Nous réunissons notamment la Caisse d’Épargne, le Fonds de dotation Heintz, la Fondation Idée Lorraine, Malakoff Humanis et Moselle Mécènes Solidaires, avec également des contributions en nature. Tous partagent un intérêt commun pour la santé mentale des habitants de la Moselle, mais aussi de leurs salariés et de leur environnement. »
Près de 50 candidatures ont été reçues. Comment avez-vous choisi les cinq lauréats ?
« Il a été très difficile de choisir tant les propositions étaient intéressantes. Le budget cumulé demandé par les porteurs de projets approchait le million d’euros, alors que nous disposons d’une enveloppe d’environ 70 000 euros. Nous avons regardé les publics concernés, notamment les jeunes et les personnes âgées isolées, mais aussi les thématiques abordées, comme le stress au travail ou les addictions. Nous avons ensuite évalué l’impact potentiel de chaque projet. Notre priorité était de soutenir des actions concrètes, capables d’améliorer la vie des habitants de notre territoire. »
Cinq projets pour prévenir les difficultés psychologiques
Quels sont les quatre autres projets retenus, en dehors de celui du Jour d’Après que nous allons évoquer dans un instant ?
« L’association Unis-Cité porte un projet de sensibilisation à la santé mentale de pair à pair, pour que les jeunes puissent parler aux jeunes. L’association Moisson Nouvelle, implantée en Moselle-Est, travaille également auprès des adolescents vulnérables. L’AIEM propose des espaces de relaxation destinés aux femmes victimes de violences, afin de leur permettre de se recentrer. Enfin, le centre Pierre-Janet veut former des ambassadeurs jeunes dans les collèges et les lycées. À l’image des secouristes en entreprise, ces jeunes pourront devenir des référents sur les questions de santé mentale au sein de leur établissement. »
Rachel Galerme, votre association, Le Jour d’Après, fait partie des lauréats. Pourquoi le deuil peut-il avoir des conséquences importantes sur la santé mentale ?
Rachel Galerme, coordinatrice de l’antenne messine de l’association Le Jour d’Après : « Le deuil isole énormément. C’est encore un sujet tabou dans notre société. Au moment des obsèques, la famille et les proches sont présents. Puis, progressivement, chacun reprend son quotidien. C’est normal, mais la personne endeuillée, elle, continue son cheminement, qui peut être long.
On a parfois tendance à penser que le temps fera tout, alors que le deuil peut avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne. Les personnes peuvent se retrouver isolées et avoir des difficultés à demander de l’aide, notamment parce qu’elles ne savent pas toujours que des associations comme la nôtre existent. »
Des répercussions physiques importantes
Concrètement, comment accompagnez-vous les personnes qui viennent de perdre un proche ?
« Nous proposons un accompagnement physique et psychologique à travers des entretiens individuels, en couple ou en famille. Nous organisons aussi des temps d’échange, notamment des cafés thématiques autour de sujets comme l’impact du deuil sur le corps ou le lien entre deuil et traumatisme. Nous proposons également des groupes de parole adaptés aux situations vécues : la perte d’un enfant, celle d’un conjoint ou encore celle d’un parent à l’âge adulte.
Le deuil a des répercussions physiques importantes. Il peut perturber le sommeil et l’alimentation, mais aussi provoquer des peurs face à l’avenir. Nous proposons donc des ateliers autour du corps et de la détente, ainsi que des activités créatives pour permettre aux personnes d’exprimer leurs émotions autrement. Nous développons également un carnet de deuil, qui permet de rendre hommage à la personne décédée. »
Que va vous apporter le soutien du collectif Santé mentale ?
« Nous sommes ravis d’avoir été retenus. Cet accompagnement va nous permettre de continuer à développer notre méthodologie et de renforcer notre implantation locale. L’association était déjà présente à Nancy depuis sept ans. Nous sommes heureux de nous installer à Metz et d’intervenir auprès des Mosellans. Le soutien du collectif doit nous aider à construire des partenariats avec les acteurs locaux et à nous ancrer durablement sur le territoire.
Nous voulons aussi mener des actions de sensibilisation auprès des particuliers comme des professionnels, avec des ciné-débats et des conférences autour du deuil. L’objectif est de ramener la question du deuil et de la mort dans la cité, car ce sont encore des sujets dont on parle peu. »
Retrouvez toute l’actualité de votre territoire sur moselle.tv.



