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« 7 euros pour goûter une création d’un chef étoilé, ce n’est quand même pas cher » : le Festin Urbain de retour à Metz

À l’occasion de la troisième édition du Festin Urbain du 14 au 15 octobre, organisée place d’Armes à Metz, Denis Guyon, responsable des restaurateurs pour l’UMIH 57 et invité de Moselle Info, présente les ambitions de cet événement. Au programme : faire découvrir la diversité de la gastronomie mosellane, rendre les savoir-faire accessibles au plus grand nombre et renforcer les liens entre professionnels. La manifestation entend aussi valoriser les jeunes en formation et rappeler les opportunités offertes par les métiers de la restauration.

Pourquoi avoir créé le Festin Urbain et qu’aimeriez-vous que les visiteurs retiennent de cette troisième édition ?

Denis Guyon, responsable des restaurateurs pour l’UMIH 57 : « L’idée de départ, c’est de recréer de la proximité avec les gens, nos clients habituels ou non, et de faire rayonner la ville de Metz. Nous avons la chance d’avoir une grande diversité de restaurateurs. Le Festin Urbain en est un échantillon : on retrouve des restaurants d’hôtels, des établissements étoilés au guide Michelin, des traiteurs, des cuisines du monde et même une offre végétalienne. Tout le monde cuisine très bien. L’objectif est de montrer cette mixité au cœur de la ville. Au-delà de son attractivité touristique, Metz permet aussi de bien manger et de trouver de quoi se faire plaisir, quels que soient ses goûts. »

L’édition précédente a enregistré 3 700 bouchées dégustées. Est-ce un objectif à dépasser cette année ?

« Nous ne nous fixons pas d’objectif en nombre de bouchées. C’est très compliqué à prévoir, notamment parce que la météo joue un rôle important. Nous sommes aussi engagés dans une démarche de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Cette année, nous avons atteint le premier niveau de notre démarche écoresponsable. Il y en a quatre, et l’idée est de continuer à progresser. Notre priorité reste de créer de la proximité. La fréquentation suivra. Mieux nous serons équipés et représentés, plus nous attirerons de monde. Le chiffre est une conséquence, pas un objectif en soi. »

Des bouchées à 7 euros pour rendre la gastronomie accessible

Dans un contexte de hausse des prix, comment permettre à chacun de profiter de la gastronomie ?

« Il y a plusieurs façons d’aller au restaurant. On peut y aller pour se nourrir ou pour se faire plaisir. Certaines personnes, notamment lorsqu’elles sont en déplacement, sont obligées de manger à l’extérieur. Quand on peut allier les deux, c’est encore mieux. Avec des bouchées à 7 euros, et à 5 euros pour les étudiants, nous voulons permettre aux visiteurs de découvrir des cuisines qu’ils ne connaissent pas forcément, sans avoir à payer l’addition complète d’un restaurant.

Pour 7 euros, on peut goûter une cuisine végétalienne si l’on n’en a jamais mangé, découvrir la finesse d’un établissement étoilé ou apprécier le travail des traiteurs. Pour les professionnels, l’enjeu n’est pas vraiment de gagner de l’argent avec cette opération, mais de montrer leur savoir-faire. Le fait de réunir tout le monde sur une même place crée une émulation. Chacun essaie de proposer le meilleur pour satisfaire les visiteurs. Aujourd’hui, 7 euros pour goûter une création d’un chef étoilé, ce n’est quand même pas cher. »

Le Festin Urbain fait aussi une place aux jeunes en formation. Comment les métiers de la restauration peuvent-ils attirer de nouvelles recrues ?

« Tous les métiers qui nécessitent une qualification manquent de bras, et la restauration n’échappe pas à cette réalité. Mais nous avons une chance à Metz. Nous disposons d’un lycée hôtelier et d’un CFA. Nous pouvons également compter sur de nombreux partenaires, qu’il s’agisse de fournisseurs, de restaurateurs ou d’autres professionnels qui nous accompagnent dans ces manifestations.

Pour cette édition, une vingtaine d’élèves devraient être présents, aussi bien pour le service que pour l’accueil, avec notamment des étudiants en BTS tourisme. Chacun pourra apporter sa contribution à la réussite de l’événement. C’est aussi une façon de les impliquer concrètement dans le monde professionnel. »

Quel message adressez-vous aux jeunes qui hésitent encore à se lancer dans la restauration ?

« Les métiers que nous avons connus il y a trente ou quarante ans n’existent plus de la même manière aujourd’hui. Il faut aussi savoir que le savoir-faire français en cuisine est reconnu dans le monde entier. Avec une sacoche, un couteau, un ciseau et une fourchette, vous pouvez faire le tour du monde. Si vous cherchez un autre métier qui offre une telle possibilité, il n’y en a pas beaucoup. »

Des afterworks pour rapprocher les professionnels

Cette année, le Festin Urbain propose également des « Afterworks », avec des pass à 28 et 36 euros. Pourquoi avoir lancé ce nouveau format ?

« Ces rendez-vous s’adressent notamment aux partenaires et aux adhérents de l’UMIH, mais aussi à l’ensemble des professionnels qui nous accompagnent. Le but est de permettre aux gens de se rencontrer, de partager un moment ensemble, d’échanger sur leurs attentes et de faire avancer les choses. Nous n’avons pas souvent l’occasion de nous retrouver entre restaurateurs ou avec nos fournisseurs. Nous travaillons tous aux mêmes heures, au moment où les clients viennent manger, entre midi et 14 heures ou entre 19 heures et 20 heures.

Ces after-work doivent justement permettre de créer ces échanges. Si trois personnes viennent avec un stylo et se l’échangent, elles repartiront avec un stylo chacune. Mais si elles viennent avec une idée, elles peuvent repartir avec trois idées. C’est cette dynamique collective que nous voulons encourager. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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