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« Il faut anticiper les enjeux futurs » : comment l’Aguram accompagne les collectivités face au changement climatique

Comment adapter nos villes et nos villages aux fortes chaleurs, préserver la ressource en eau et mieux prévenir les risques d’inondation ? Nouvelle présidente de l’Agence d’urbanisme d’agglomérations de Moselle (Aguram), Marilyne Webert détaille dans Moselle Info le rôle de cette structure, créée en 1974, auprès des collectivités. Son objectif : apporter une expertise aux élus pour les aider à construire des projets d’aménagement adaptés aux besoins du territoire et aux enjeux de demain.

Quel est le rôle de l’Aguram pour les collectivités qui ne connaissent pas encore votre agence ?

Marilyne Webert, président de l’Aguram : « L’Aguram est un outil au service des collectivités. Elle a été créée en 1974 pour travailler sur les questions d’aménagement avec les élus locaux. Aujourd’hui, nous intervenons sur des sujets très variés : l’urbanisme, les mobilités, la préservation des sols et de l’eau, les enjeux climatiques ou encore la qualité de vie. Nous sommes à la fois un observatoire, qui analyse les évolutions du territoire, et un outil d’accompagnement. Nous partageons nos travaux avec les élus et les acteurs locaux pour réfléchir ensemble au territoire de demain. »

Pouvez-vous nous donner un exemple concret de votre action ?

« La désimperméabilisation des cours d’école est un exemple très parlant. Elle permet de favoriser l’infiltration de l’eau, de limiter le ruissellement et d’améliorer la qualité des espaces proposés aux enfants. Nous travaillons également sur la préservation de la ressource en eau, avec différents acteurs du territoire, notamment l’Agence de l’eau. L’objectif est d’améliorer sa gestion et de lutter contre les effets des inondations et du ruissellement. »

Vous observez et vous conseillez, mais ce sont bien les élus qui prennent les décisions ?

« Bien sûr, ce sont toujours les élus qui décident. Le rôle de l’Aguram est de leur apporter des éléments d’analyse et de les éclairer pour qu’ils puissent construire leurs projets de la manière la plus pertinente possible. L’important est aussi d’anticiper les enjeux futurs. Nous ne devons pas raisonner uniquement au jour le jour, mais essayer de prévoir au maximum les conséquences des projets qui verront le jour sur notre territoire. »

Comment les collectivités peuvent-elles bénéficier de votre accompagnement ?

« La métropole est notre partenaire et notre principal contributeur depuis la création de l’Aguram. Mais nous cherchons aujourd’hui à élargir nos partenariats. Les collectivités peuvent nous solliciter directement. Nous nous faisons également connaître grâce à nos publications, nos recueils, nos cafés-débats et nos conférences. Ces rendez-vous permettent aux acteurs locaux de découvrir nos travaux et de savoir qu’ils peuvent s’appuyer sur notre expertise pour leurs projets. »

Fortes chaleurs, sécheresse, inondations : anticiper les risques

Concrètement, comment aidez-vous les collectivités à adapter leurs aménagements au changement climatique ?

« Notre travail d’observation et d’analyse, associé à une bonne connaissance du territoire, nous permet de rechercher les solutions les plus adaptées avec les élus. Je pense notamment aux fontaines à eau qui ont été prévues et installées à Metz. Les réponses peuvent être différentes selon les besoins et l’échelle des collectivités.

Les idées viennent aussi des élus, qui ont des envies et des projets. L’Aguram est là pour les accompagner et les aider à ajuster leurs choix. Nous travaillons de manière transversale et nous nous appuyons également sur les expériences d’autres agences pour enrichir nos réflexions et les adapter à notre territoire. »

Certains secteurs de Moselle sont-ils particulièrement vulnérables aux risques d’inondation ?

« L’identification de ces territoires fait partie de notre travail. Nous réalisons des cartographies qui permettent de repérer les secteurs exposés et d’éclairer les décisions des élus. La commune de Pouilly, par exemple, est concernée par le phénomène de retrait-gonflement des argiles, qui peut entraîner des mouvements de terrain. Les risques liés au ruissellement doivent également être pris en compte. Ces éléments sont intégrés à nos analyses pour aider les élus à faire les meilleurs choix, toujours avec une vision à long terme. »

Les ambitions de la nouvelle présidente de l’Aguram

Vous venez de prendre la présidence de l’agence. Quels sont vos grands objectifs pour les prochaines années ?

« Nous nous inscrivons dans la continuité du travail déjà réalisé. Je m’appuie beaucoup sur l’expertise de l’équipe. Mon rôle est de la soutenir, de renforcer la visibilité de l’Aguram et de poursuivre son action sur le territoire. Nous devons également élargir autant que possible nos partenariats, notamment pour répondre aux enjeux financiers. L’objectif est de maintenir une agence dynamique, capable d’apporter aux élus l’expertise dont ils ont besoin. »

Pourquoi cet accompagnement est-il particulièrement important pour les petites communes ?

« Les grandes communes disposent souvent de leurs propres services. Dans les petites communes, ou sur des territoires plus restreints, le regard d’experts est particulièrement précieux. L’Aguram permet aux élus de bénéficier de cette expertise pour avancer dans leurs projets de la manière la plus pertinente et la plus sereine possible. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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