Depuis le début du mouvement de protestation des lycéens, 100 gardes à vue ont été comptabilisées par les trois parquets de la cour d’appel de Metz. Parmi les personnes concernées, 81 sont mineures.
À Metz, Sarreguemines comme à Thionville, les parquets ont désormais une première photographie judiciaire du mouvement de protestation des lycéens. Depuis son début, 100 gardes à vue ont été comptabilisées. Un chiffre qui révèle surtout le profil des personnes mises en cause : 81 sont mineures. Et pour la très grande majorité, ces jeunes étaient jusqu’ici inconnus de la justice. Mais une garde à vue ne signifie pas automatiquement une poursuite. Loin de là.
Des gardes à vue, mais pas systématiquement de poursuites
Sur les 100 procédures enregistrées, 18 ont été classées sans suite. Les enquêteurs n’ont pas réuni suffisamment de preuves pour permettre une sanction pénale. Huit gardes à vue étaient encore en cours hier soir, au moment où le bilan a été arrêté. Dans trois autres dossiers, les personnes ont été libérées, mais les investigations se poursuivent dans le cadre de la flagrance.
Au total, 68 gardes à vue ont débouché sur une réponse pénale. Depuis le début du mouvement, 31 personnes ont été déférées devant les parquets. Parmi elles, 27 sont mineures. Certaines ont été remises à leurs parents directement au palais de justice, après notification d’une mesure.
Selon les dossiers, il peut s’agir d’un stage de citoyenneté, d’une réparation pénale ou d’un placement sous contrôle judiciaire. Dans plusieurs cas, ce contrôle s’accompagne d’un « couvre-feu judiciaire », avec l’interdiction de sortir après une certaine heure.
Une réponse judiciaire largement tournée vers les mineurs
Dans le détail, 37 stages de citoyenneté ou mesures de réparation pénale ont été prononcés. La Protection judiciaire de la jeunesse de Moselle s’est organisée pour prendre en charge rapidement les mineurs concernés. Vingt-sept mineurs ont également été poursuivis devant le juge des enfants. Seize d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire strict. Les majeurs sont beaucoup moins nombreux dans ce bilan : quatre ont été poursuivis, dont deux placés sous contrôle judiciaire.
Au fil des procédures, le même constat revient donc, les mineurs sont très largement majoritaires parmi les personnes interpellées. Et pour la plupart, la justice ne les connaissait pas auparavant. Un premier bilan judiciaire qui permet de mesurer, chiffres à l’appui, les conséquences de la mobilisation dans les trois juridictions du ressort de la cour d’appel de Metz.
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