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Il y a 140 ans naissait le père de l’Europe : Robert Schuman

Le 29 juin 1886 naissait Robert Schuman, père de la construction européenne, ancien président du parlement européen et ministre français, mort à Scy-Chazelles en Moselle.

Figure de l’Europe, de la Moselle et du Luxembourg, Robert Schuman naissait il y a 140 ans, le 29 juin 1886. Né français au Luxembourg d’un père allemand et d’une mère luxembourgeoise, il devient Allemand après l’annexion en 1870. Un destin prédestiné à la construction européenne, diront certains. Il rejoint la Moselle et Metz en 1904 où il passe son Abitur, le bac allemand au lycée Fabert à Metz. Après avoir fait des études de droit en Allemagne, il ouvre son cabinet à Metz en 1912. D’ici commence sa carrière, puis son entrée en politique, à la fin de la guerre. Robert Schuman devient alors conseiller municipal.

Son ascension démarre alors : il entre au Parlement en étant élu député du nouveau département de la Moselle en 1919. Il y restera 22 ans, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il sera aussi conseiller général de la Moselle à partir de 1936. Pacifiste, il milite contre l’offensive allemande puis est arrêté par la Gestapo et assigné à résidence. A 56 ans, il s’évade pour la zone libre en 1942 mais il est considéré indigne à la Libération, du fait de ses quelques jours de service comme secrétaire d’Etat de Pétain, qu’il a refusé d’exercer. Ce n’est qu’en 1945, sur décision du Général de Gaulle, qu’il est lavé de tout soupçon.

Le texte fondateur en 1950

Après la guerre, Schuman redevient député, jusqu’à l’aube de son décès. Il retrouve aussi son siège e député de la Moselle. En 1946, à Metz, il accueille Winston Churchill qui prononce un discours sur la paix et l’unité des nations européennes. Il devient ensuite ministre des Finances et en profite pour négocier des traités européens. Président du conseil des ministres, ministre des Affaires étrangères puis de la Justice au fil des années, Robert Schuman façonne son idée européenne. Avec Jean Monnet et Konrad Adenauer, il construit la déclaration du 9 mai 1950 qui débouche sur la création de la CECA, texte fondateur de la construction européenne. En 1958, il devient le premier président du Parlement européen qui lui décerne le titre de Père de l’Europe.

« C’est un très mauvais orateur, et il est très discret, modeste et austère, il ne cherche pas la lumière mais c’est un homme, et c’est sa grande force, qui a une force intérieure importante et un courage politique très fort », résume le professeur Martial Libera dans notre émission spéciale. Son nom, et sa vie, ont inspiré beaucoup de ses contemporains. Aujourd’hui à Metz, on compte l’avenue Robert Schuman au centre-ville, un lycée, un hôpital ou un centre des congrès à son nom. En France, en Allemagne ou en Belgique, plusieurs lieux ou prix à son nom sont décernés chaque année, signe de son influence.

Il se retire de la vie politique en 1962 et retourne dans sa maison de Scy-Chazelles, devenu depuis un musée départemental dédié à l’oeuvre européenne et la vie de Robert Schuman. Il y meurt à 77 ans et ses obsèques sont célébrées en la cathédrale de Metz. Sa dépouille repose aujourd’hui en face de sa maison, dans la magnifique église Saint-Quentin du XIIe siècle, classée aux monuments historiques. Homme de foi, Robert Schuman « a mis en oeuvre au niveau international le coeur du message chrétien qui l’animait, pour entrainer tant d’hommes pour faire la paix », explique Grégoire Corneloup, archiprêtre de Saint-Avold. L’église catholique a entamé le processus vers la béatification. Depuis 2021, il est déclaré vénérable. Sa figure est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le Pape a choisi Metz pour son voyage en France en septembre prochain.

Retrouvez notre émission spéciale ici :

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Chef d'édition numérique. Référent politique. Présentateur de Moselle Info Week-End.

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