À travers les regards croisés de Pierre Cuny et François Ventrici, l’US Thionville Lusitanos dévoile les coulisses de son passage en Ligue 3. Entre professionnalisation accélérée, mise aux normes et ambitions maîtrisées, le maire de Thionville et le président du club dessinent la feuille de route d’un été pas comme les autres.
Éric Charden avait prévenu son monde en 1979 et l’US Thionville Lusitanos compte bien lui donner raison : l’été s’ra chaud. Avant cela, il y a eu cette (nouvelle) saison folle, conclue par une montée en Ligue 3, nouveau nom du National. Un accomplissement qui a fait vibrer toute une ville, mais pas que. « Bien sûr qu’elles sont toujours présentes, mais ce sont des émotions qui se sont étalées sur ces quatre dernières années », avoue Pierre Cuny, le maire de Thionville. Du côté du club, le temps de l’euphorie a déjà laissé place à celui du travail : « Oui, elles sont complètement redescendues. On s’est remis au travail, parce que je ne vous cache pas qu’on a un peu de pain sur la planche. On est en plein dedans, mais pour l’instant, ça se passe comme prévu », assure le président de l’US Thionville Lusitanos, François Ventrici.
🥇 Tout simplement fantastique !
L’US Thionville Lusitanos est officiellement champion de National 2 et promu en Ligue 3 ! pic.twitter.com/Jz6Tzz0rG3
— US Thionville Lusitanos (@ustlofficiel) April 18, 2026
L’US Thionville Lusitanos dans la cour des grands
Une montée en Ligue 3 ne s’improvise pas. Surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un changement de statut que personne n’avait anticipé aussi rapidement. « Ce qui n’était pas prévu, c’est le passage professionnel. On l’a appris assez récemment, reconnaît François Ventrici. C’était vraiment le petit cadeau surprise. »
Un cadeau qui s’accompagne surtout d’un cahier des charges conséquent : professionnalisation des joueurs, des structures, mise aux normes des installations, diffusion des rencontres sur Ligue 1+… Les exigences sont nombreuses. « Il y a pas mal de choses qu’on nous impose. On n’a vraiment pas le choix, mais dans l’ensemble, ça ira », relativise le président.
Côté stade, les travaux avancent à un rythme soutenu. Réélu en mars dernier, Pierre Cuny rappelle que plus de deux millions d’euros ont déjà été investis au stade de Guentrange depuis 2016. Et l’effort se poursuit : 2,5 millions d’euros supplémentaires sont programmés sur les deux prochaines années, portant l’enveloppe globale à près de cinq millions d’euros sur une décennie. Parmi les chantiers engagés : l’installation de sièges individuels en tribune, faisant passer la capacité de 1 700 places à environ 1 350-1 400 places assises, un éclairage répondant aux normes télévisuelles, un second réseau électrique de secours ou encore la création de vomitoires afin de faciliter l’évacuation des spectateurs. « On comprend bien qu’on ne peut pas tout remettre à niveau en un seul été puisque la Ligue 3, c’est tout nouveau, tout n’est ans encore fixé », reconnaît Pierre Cuny, rappelant qu’une période probatoire d’un an à un an et demi est prévue par la Ligue pour accompagner cette transition.
À Thionville, personne ne découvre toutefois le sport de haut niveau. « Les équipes municipales sont très habituées à l’impulsion donnée à la ville », souligne l’édile, évoquant le Thionville Open de tennis, une équipe de Pro A ainsi que des structures performantes en escrime et en natation. Rien que ça.
Quatre montées en cinq ans, et c’est tout ?
En regardant dans le rétroviseur, le bilan peut donner le vertige avec quatre montées en cinq ans. De quoi nourrir de nouvelles ambitions ?Sur ce point, maire et président tiennent le même discours : il est temps de consolider les fondations. « Clairement, il faut faire une pause, tranche Pierre Cuny. Passer de la Ligue 3 à la Ligue 2 aujourd’hui, c’est impossible. Je le dis : c’est le maire de Thionville qui le dit. » Même prudence chez François Ventrici. « La Ligue 2, aujourd’hui, pour ma part, c’est très, très loin. L’idée, c’est de stabiliser le club en Ligue 3, de devenir un club de Ligue 3 à part entière et de durer dans le temps. » Un constat qui avait été partagé par Julien François, l’entraîneur du club, alors invité de Moselle Infos en avril dernier.
Ce retour au professionnalisme, Thionville l’a déjà connu. En 1982, nous étions en Division 2. Quarante ans plus tard, la ville renoue avec son passé.
Pierre Cuny, maire de Thionville
Durer. Le mot revient comme un fil conducteur de cet été. Pour autant, personne ne s’interdit de rêver. « Sur les cinq ou six prochaines années, préparer les conditions pour avoir une équipe qui joue en Ligue 2, là, je ne m’interdis rien », affirme le maire de Thionville. Une feuille de route claire. En attendant, rendez-vous est pris le 8 août pour la première journée de championnat – dont le calendrier n’a toujours pas été dévoilé. Une chose est sûre, le premier rendez-vous se fera à l’extérieur, afin de grappiller une semaine supplémentaire pour finaliser les travaux.
Quelle équipe en Ligue 3 ?
Sur le plan sportif, le recrutement avance lui aussi. Première mission : conserver l’ossature de l’équipe championne. « 90 % des joueurs que nous voulions conserver restent », précise le président de l’USTL. Deux départs sont actés pour le moment : celui de Chafik Gourichy, parti à Laval (Ligue 2), et celui de Vincent Collet, en fin de contrat et non prolongé.
La deuxième phase du mercato est désormais lancée. Trois à quatre recrues ont déjà donné leur accord, même si le président préfère rester discret. « Je tairai les noms, parce que vous savez très bien que dans le football, tout va très vite » explique-t-il en souriant.
Une chose est certaine : l’US Thionville Lusitanos ne luttera pas à armes égales avec les plus grosses puissances financières du championnat – où l’on retrouvera notamment le SC Bastia, Amiens, Valenciennes, ou encore le Stade Malherbe de Caen. « Nous ne ferons pas partie des plus gros budgets de Ligue 3, bien au contraire », admet François Ventrici. Avant de conclure : « L’argent ne fait pas tout. Il faut simplement l’utiliser intelligemment et surtout ne pas s’enflammer. »
Place désormais à la compétition.
Et le FC Metz dans tout cela ? « Un lien fort » existe entre le FC Metz et l’US Thionville Lusitanos confiait François Ventrici au cours de l’entretien. Cela pourrait même se conclure pas le prêt d’un ou deux jeunes joueur grenat dès cet été.
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