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« On se pose des questions sur notre avenir » : les boutiques de CBD interdites de vendre certains produits

Depuis le vendredi 15 mai, les boutiques de CBD sont interdites de vendre des produits alimentaires à base de cannabidiol, dû au règlement européen « Novel Food ». Cette mise en vigueur vient mettre à mal le chiffre d’affaire des vendeurs, mais handicape également les consommateurs.

Les rayons de la boutique de Julien se sont beaucoup vidés. Pour cause, il a dû liquider tous ses produits alimentaires. « Ici, on avait les huiles, il y avait les bonbons classiques, bonbons à sucer, les sucettes. Il y avait les cônes de glace, il y avait les cookies, il y avait les infusions, décrit Julien Durand, gérant de la boutique « Vibe City ». Nous, on est assez fortement impacté avec 25 % d’alimentaires dans le magasin. On se pose vraiment des questions sur l’avenir, l’avenir de l’entreprise, comment ça va se passer. »

Les clients se posent également des questions et vont devoir changer leur façon de faire, comme Murat : « J’ai arrêté de fumer du THC, donc ça me permettait de compléter. Et puis maintenant qu’il n’y a plus (de produits alimentaires), je ne sais pas comment je vais faire. Est-ce que je dois me remettre à fumer ou trouver une alternative ? Si je veux, je prends mon téléphone, je commande là, ça arrive chez moi demain. Et puis voilà, juste la France n’aura pas un euro dessus et c’est ça qui est dommage. »

Les vendeurs de CBD inquiets pour eux, mais aussi pour leurs clients

Si Julien veut revoir le concept de sa boutique, d’autres sont moins impactés. Comme Nicolas Tlemsani, gérant de la boutique « The Good Green ». L’alimentaire représentait 15% de son chiffre d’affaires, mais ce n’est pas sa principale inquiétude : « Pour nous aujourd’hui, on va s’en sortir, on va rebondir, il n’y aura pas de soucis. Mais je pense surtout à ces clients-là qui, eux, vont se retrouver seuls du jour au lendemain, sans pouvoir avoir leurs produits. On prend l’exemple de quelques clients qui ont des cancers, des fibromyalgies, ce genre de choses, qui étaient très contents d’avoir un produit. Pur, naturel, je trouve que c’est très dur de comparer à ces personnes-là. »

Pour ces clients, aucun autre produit n’est adapté à leur consommation. Un manque à gagner pour les vendeurs comme Nicolas : « Ce sera un trou, très honnêtement, on ne peut pas combler ça par autre chose, puisque ces clients-là, ils ne vont pas venir pour prendre des fleurs pour fumer, ils ne vont pas venir pour vaporiser, il n’y aura rien d’autre qui sera à même de leur convenir. Donc nous, ça sera une perte directement, sans aucune alternative derrière. »

Avec l’entrée en vigueur de la mesure, les vendeurs se retrouvent avec de grosses quantités d’invendus, qui pourraient être détruits si aucune solution n’est trouvée.

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