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« Je suis très fier du résultat » : un Mosellan vice-champion du monde de ce sport hors norme

Alexis Junghen, originaire de Hartzviller, a délivré une performance hors norme ce samedi 18 avril en devenant vice-champion du monde de callisthénie endurance à Cologne. Un exemple de régularité, pour celui qui concilie sa discipline avec son activité professionnelle de sapeur-pompier depuis des années.

Il est le roi incontesté de sa discipline en France. Alexis Junghen a brillé ce week-end à Cologne lors de la FIBO, l’un des plus grands évènements mondiaux du fitness. Lors des championnats du monde de callisthénie endurance, il est monté sur la deuxième marche du podium, sa meilleure performance à ce jour. « C’était assez incroyable. Face au Hongrois en demi-finale, c’était l’un des plus beaux duels qui ait jamais existé depuis que je fais ce sport. Personne ne s’attendait à ce que je le batte, raconte le triple champion de France, la finale ne s’est jouée à pas grand-chose, mais j’étais relativement cuit parce que j’ai eu qu’une heure de récupération avant ».

Cette pratique s’est popularisée ces dernières années, avec l’essor du « street workout », ou entraînement de rue, et ces fameux parcs qui fleurissent à travers toute la France. Les sportifs y pratiquent la callisthénie, des exercices réalisés seulement au poids du corps. Mais Alexis, qui pratique la callisthénie endurance, doit réaliser un circuit d’exercices le plus rapidement possible en duel face à un adversaire, en évitant à tout prix les « no reps », soit les fausses répétitions. Ce qui implique de devoir jouer tactique, et analyser chaque fait et geste de l’adversaire.

Pour être le meilleur, il faut pouvoir allier force, endurance et rapidité d’exécution en enchaînant 5 exercices (pompes, tractions, squats, muscle up et dips). Alexis doit donc s’entraîner régulièrement, et être opérationnel à 100% pour performer. Ce qui n’était pourtant pas son cas samedi : « Pour la petite anecdote, je me suis blessé avant d’y aller. J’ai fait une chute à vélo, qui a entraîné une entorse au poignet. Et le problème, c’est que le poignet on l’utilise tout le temps, détaille le sportif, c‘était assez compliqué de mon côté, mais j’ai quand même décidé d’y aller parce que je n’avais pas envie d’abandonner et je suis très fier du résultat ».

Sapeur-pompier le jour, athlète le soir

Originaire de Hartzviller, Alexis a attendu le lycée pour commencer la callisthénie, en faisant des tractions sur la barre de son lycée. Il est devenu sapeur-pompier à Marseille par la suite, et a intensifié sa pratique les soirs dans l’un des parcs de la ville. « J’ai vu qu’on pouvait s’entraîner au poids du corps, donc j’ai continué avant de découvrir qu’on pouvait faire des compétitions. Mais je n’avais pas encore découvert les duels en un contre un, je connaissais seulement les compétitions où il fallait faire le maximum de pompes. », explique l’athlète. Alexis a commencé les battles en 2021, puis les compétitions internationales. Cinq ans plus tard, le voilà vice-champion de la discipline.

Aujourd’hui, Alexis fonctionne totalement en indépendance. Sa discipline n’est pas incluse dans une fédération, et il ne reçoit aucun gain lors de ses compétitions. Un investissement sur tous les points pour le Mosellan : « La callisthénie endurance, ça reste très niche. Et c’est parce qu’il y a un manque d’argent et un manque de communication. Si on compare avec le CrossFit, il y a une industrie derrière, et nous on n’en a pas. » Surtout qu’Alexis doit concilier son sport à son métier de sapeur-pompier professionnel dans l’Hérault, lui qui est devenu sergent début 2026. « Maintenant, le principal objectif de ma vie, c’est de décrocher le titre de champion du monde. Surtout qu’on a seulement une chance par an de le faire. Il faut aussi que je conserve mon titre de champion de France », explique le vice-champion du monde. Avec de tels objectifs, Alexis Junghen n’a pas fini de gravir les échelons.

Crédit photo : ©Matt.rfft

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