Dans un contexte de crise économique et de hausse des charges, Laure, mercière et couturière à la boutique Trois p’tits points à Dieuze, fait face à des difficultés financières qui fragilisent son commerce. Une cagnotte en ligne a été lancée.
Dans le silence et avec patience, Laure travaille dans sa mercerie Trois p’tits points à Dieuze depuis 22 ans. Couturière de métier, elle réalise au quotidien de nombreuses retouches pour sa clientèle. « Je fais beaucoup de retouches sur les vêtements, beaucoup de vêtements, mais ça peut être aussi des choses plus, on va dire, plus variées. Mais dans le vêtement, ça peut être les fermetures, les ourlets, l’ajustement des vêtements à sa morphologie. » décrit-elle.
Au fil des années, la commerçante a su diversifier son activité. Elle a noué des partenariats avec une blanchisserie à Dieuze, un relais pressing, mais aussi une cordonnerie et une broderie locale. Une manière de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel, marqué par l’essor des plateformes de vente en ligne depuis la crise sanitaire. « Il y a eu un clivage au Covid. Je pense qu’au niveau des petits commerçants et petits artisans, on n’a pas vraiment de levier pour lutter contre Internet et les prix qui peuvent se faire sur Internet. Quelque chose qui se vend à 2 euros sur Internet sera plus proche des 4 euros en boutique. On n’a pas les mêmes charges. »
Aujourd’hui, les charges représentent plus de 50 % de son chiffre d’affaires annuel. Malgré tout, Laure continue de conseiller ses clients et de valoriser son savoir-faire artisanal. « Avec une pelote, on peut faire une couverture ou alors on peut faire un petit vêtement pour enfant. Parce qu’il y a 480 mètres dessus. C’est pas mal. Et le motif se fait tout seul.» conseil-t-elle à une client qui s’enthousiaste : « C’est très joli !»
Face aux commandes sur Internet qui dominent désormais le marché, quelques clients fidèles continuent toutefois de privilégier les commerces de proximité, comme l’archère Lisa Barbelin, médaillée de bronze aux Jeux olympiques et originaire de Dieuze, qui est passée voir Laure afin qu’elle retouche sa veste de cérémonie des JO de Paris 2024.
Internet ou le commerce de proximité, certains ont fait leur choix : « Je préfère les boutiques pour toucher les produits » raconte une cliente « On trouve tout ce qu’on veut. Et si on n’en a pas, elle nous le cherche. » évoque une autre « J’aime bien regarder, j’aime bien chercher et trouver vraiment ce qui me plaît plutôt que de prendre des choses qui ne valent pas grand-chose sur internet et qui ne me seront pas utiles. Vous savez, chez les anciens, le contact humain est très important. ».
Mais dans un contexte de crise économique et de baisse du pouvoir d’achat, la situation reste fragile. Laure peine désormais à se verser un salaire chaque mois. L’année 2025 a été particulièrement difficile. À titre de comparaison, le chiffre d’affaires du mois de novembre 2025 a chuté de 26 % par rapport à celui de novembre 2024.
Au pied du mur, la couturière a décidé de lancer une cagnotte en ligne, misant sur la solidarité de tous. « En espérant que vous arriverez à vous en sortir. Ça serait dommage que ça s’arrête comme ça » raconte un client venant de faire un don à Laure « On a toujours besoin de vous » conclu-t-il. À ce jour, la cagnotte en ligne a déjà permis de récolter plus de 2 000 euros, sur les 20 000 espérés.
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