En Moselle, un arrêté préfectoral autorise les tirs de sangliers de nuit, sans limite de nombre ni de territoire. Une mesure disproportionnée et dangereuse pour l’association One Voice qui a saisi la justice.
En 2016, déjà, les associations de protection de la nature et de la cause animale avait saisi la justice après un arrêté autorisant la régulation des renards par tir de nuits en Moselle. Un arrêté jugé illégal par le tribunal de Strasbourg.
Cette fois-ci, c’est l’association One Voice qui a saisi la justice pour annuler un autre arrêté préfectoral. Celui encadrant la régulation des sangliers, également par tirs de nuit sur notre territoire, pendant quatre mois. Une mesure jugée disproportionnée par l’association qui a demandé sa suspension en urgence. L’audience se tient ce mercredi 14 janvier au tribunal administratif de Strasbourg.
Une autorisation sans plafond
Du 13 décembre 2025 au 14 avril 2026, les chasseurs mosellans sont autorisés à tirer des sangliers de nuit, à l’affût, sur l’ensemble du département. L’arrêté préfectoral prévoit l’usage de sources lumineuses et de dispositifs de vision thermique, sans plafonnement du nombre d’animaux pouvant être abattus. Les tirs sont possibles dans les 725 communes de Moselle, pendant 122 jours consécutifs, avec un nombre illimité de tireurs autorisés à accompagner le chasseur principal.
Pour One Voice, cette autorisation généralisée ouvre la voie à des abattages massifs. Le tir à l’affût, pratiqué de nuit avec des équipements technologiques ne laisse, selon eux, aucune chance de fuite aux animaux. L’association alerte également sur les risques pour la sécurité publique. Les tirs s’effectuent avec des armes à longue portée, parfois issues de technologies militaires, dans des zones fréquentées par des riverains et des promeneurs.
Les chasseurs pas forcément favorables
Les sangliers figurent déjà parmi les espèces les plus chassées du département. Leur calendrier cynégétique ne leur accorde que deux semaines de répit par an. L’ajout de tirs nocturnes sur plusieurs mois instaurerait, selon One Voice, une pression continue sur la faune sauvage, de jour comme de nuit.
Paradoxalement, les chasseurs de la fédération mosellane ne semblent pas favorables à cet arrêté, jugeant l’utilisation des lunettes thermiques non-essentielle et favorisant les erreurs d’observation.
Présentée comme une mesure de « régulation », la décision préfectorale est contestée sur le fond. Malgré des abattages records — plus de 880 000 sangliers tués en France en 2024-2025 — les populations continuent d’augmenter et les dégâts agricoles persistent. Plus de 1 300 hectares de dégâts et un coût estimé à 2 millions d’euros en Moselle en 2024, comme le rappelle le préfet Pascal Bolot.
Face à ce qu’elle considère comme une dérive, l’association a tout de même saisi le tribunal administratif de Strasbourg pour demander la suspension en urgence de l’arrêté. L’audience est prévue ce mercredi 14 janvier à 11 heures.
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