Mis en examen pour avoir humilié des centaines de femmes, Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire passé par le Grand Est, fait l’objet d’une instruction hors norme. Le parquet de Paris appelle les victimes qui ne se sont pas encore exprimées à se signaler « au plus vite ».
Il y aurait près de 250 femmes déjà recensées comme victimes de Christian Nègre. Ancien directeur des ressources humaines au ministère de la Culture, également en poste de 2016 à 2018 à la direction des affaires culturelles de la région Grand Est, est soupçonné d’avoir administré des substances diurétiques à des femmes pour les contraindre à uriner en sa présence.
L’ex-haut fonctionnaire a été mis en examen par deux juges d’instruction. Les chefs d’accusation sont multiples : administration de substance nuisible, violences par personne chargée d’une mission de service public et atteinte à l’intimité. Six ans après le début des procédures judiciaires, 248 victimes ont été recensées dont 180 se sont constituées parties civiles, selon le communiqué de la procureure.
Toute victime non encore entendue est invitée à se signaler au plus vite auprès de l’OCRVP (l’Office central de répression des violences aux personnes, co-saisi avec les services de police judiciaire) et si elle le souhaite à se constituer partie civile.
Laure Beccuau, procureure
La justice espère finaliser les auditions rapidement pour clôturer l’instruction d’ici la fin de l’année 2026, un calendrier qui suscite d’ailleurs l’impatience de plusieurs plaignantes.
Les origines de l’affaire en Moselle
C’est en 2018 que l’affaire éclate, en Moselle. Alors en poste à la région Grand Est, Christian Nègre est surpris en train de photographier sous une table une interlocutrice lors d’un entretien. Cette dernière dépose plainte entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet de Metz, avant de faire la découverte d’un fichier recensant plus de 180 entretiens similaires.
« L’exploitation de son matériel informatique a permis de découvrir un tableau recensant 181 entretiens avec des femmes, au cours desquels il est apparu qu’il faisait absorber à celles-ci des produits diurétiques dans un café ou thé et attendait qu’elles soient acculées à uriner en sa présence« , a rappelé la procureure de Paris, saisie du dossier à partir de la fin 2018. Christian Nègre avait alors été suspendu rapidement, puis retiré de son poste par arrêté au journal officiel.
En attendant un éventuel procès, dont l’organisation s’annonce complexe, certaines victimes ont déjà obtenu des indemnisations, notamment devant la justice administrative.
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Source : AFP



