Mieux vaut prévenir que guérir. Voilà un adage pris au pied de la lettre par le programme ICOPE, développé par l’Organisation mondiale de la santé. Il propose aux plus de 60 ans un dépistage gratuit et régulier pour repérer les premiers signes de fragilité. Objectif : agir tôt pour éviter la perte d’autonomie.
Concrètement, qu’est-ce que le programme ICOPE ?
Arthur Comisso, coordinateur de la CPTS Porte de France Moselle : « ICOPE signifie “soins intégrés pour les personnes âgées”. Le principe est simple : repérer les fragilités chez les personnes de plus de 60 ans. Le test dure une dizaine de minutes. Ensuite, nous recevons un retour qui permet d’identifier d’éventuelles difficultés et d’intervenir si nécessaire. »
Quelles fragilités sont évaluées ?
« Il y en a six : la mobilité, la mémoire, la psychologie, l’audition, la vision et la nutrition. L’ensemble est testé via l’application ICOPE Monitor, sur internet ou même en version papier si besoin. Concrètement, il s’agit d’exercices simples. Tester sa vue, son audition ou encore sa mobilité, par exemple en réalisant des levers de chaise. Si l’outil numérique est compliqué, un proche ou un professionnel de santé peut accompagner la personne. »
Un suivi personnalisé en cas d’alerte
Que se passe-t-il lorsqu’une fragilité est détectée ?
« Le repérage correspond à la première étape. Si une alerte apparaît, la CPTS intervient. Nous analysons la situation et, si nécessaire, nous passons à une deuxième étape avec des tests approfondis. Un infirmier peut se déplacer à domicile ou recevoir la personne. L’idée est de rediriger rapidement vers la prise en charge adaptée. L’enjeu est d’éviter les hospitalisations et retarder l’entrée dans la dépendance. Le test est à réaliser tous les six mois. Dix minutes suffisent pour surveiller son état de santé et agir dès les premiers signaux. »
Quel est aujourd’hui le niveau de mobilisation des professionnels de santé sur le territoire Porte de France Moselle ?
« La CPTS compte environ 220 professionnels de santé adhérents. Tous ne sont pas mobilisés spécifiquement sur ICOPE, mais l’ensemble des professionnels du secteur, adhérents ou non, peuvent participer au repérage. Kinésithérapeutes, infirmiers ou médecins jouent un rôle clé, au plus près des patients. »
Avez-vous déjà des premiers résultats depuis le lancement du dispositif ?
« En deux mois, une trentaine de repérages ont déjà été réalisés, avant même la diffusion large de l’information. L’objectif fixé par l’Assurance maladie est d’accompagner une cinquantaine de personnes dans le parcours complet. Mais localement, l’ambition est plus large : toucher et accompagner le maximum de seniors possible. »
Retrouvez l’interview en intégralité dans l’édition du jeudi 26 février de Moselle Info.




