Lundi 5 janvier sonnait le départ de la grève des médecins libéraux. En Moselle, comme partout en France, l’appel de l’intersyndicale a été particulièrement suivi. Le mouvement doit durer jusqu’au 10.
« Bienvenue, c’est ouvert », nous accueille Raphaël Margarita, médecin généraliste à Schœneck. Pourtant, pour une rude journée d’hiver, son cabinet est d’une tranquillité rare. « Un cabinet vide, une salle d’attente vide, en ce jour de grève », s’amuse-t-il.
Les médecins libéraux se lancent dans une grève de cinq jours. Une action coup de poing rare de la part de l’intersyndicale, laquelle dénonce un manque de communication avec la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).
Les médecins en Moselle face à la contrainte des chiffres
« Parmi les points de friction notamment, il y a la mise aux objectifs. C’est-à-dire travailler sous objectifs chiffrés », argumente le docteur Margarita, membre de la Fédération française des médecins généralistes (MG France).
Il développe : « Un nombre d’arrêts de travail, un nombre de bons de transport, de prescriptions de biologie qui vont être limités, quantifiés… Et si on dépasse ces taux, on pourra être potentiellement sanctionné. »
Dossier Médical Partagé : « Mon logiciel a été piraté »
Les grévistes anticipent également les possibles sanctions financières qu’ils pourraient encourir en cas de non-remplissage du Dossier Médical Partagé d’un patient, jusqu’ici facultatif.
« Il n’y a plus rien en papier, on est vraiment sur de l’informatique pure », constate le syndicaliste. Il alerte sur des menaces de cyberattaques et de potentielles fuites de données sensibles concernant la patientèle : « Mon logiciel a été piraté. Pendant un mois je n’avais plus accès à ces données, ça pénalise fortement la pratique. »
En pleine saison grippale, des grévistes restent toutefois ouverts pour les urgences. Le 10 décembre, les médecins libéraux se donneront rendez-vous à Paris pour une manifestation qu’ils imaginent d’ampleur.




