Ouverte il y a deux décennies, la piste de ski indoor d’Amnéville (SnowWorld), s’est imposée comme un lieu incontournable pour les amateurs de glisse en Moselle. Après plusieurs années difficiles, le complexe connaît aujourd’hui un nouvel élan depuis sa reprise en 2021 par un groupe néerlandais.
Voilà vingt ans qu’il est possible de skier en Moselle. Le SnowWorld a pourtant connu des périodes compliquées. Comment se porte aujourd’hui le site ?
Vincent Claverie, directeur du SnowWorld : « La dynamique est très positive. Depuis la reprise du site en 2021, la fréquentation a fortement augmenté. En 2022, nous avons accueilli environ 40 000 skieurs payants. En 2025, nous avons atteint près de 80 000 visiteurs payants. C’est une vraie réussite et cela montre que le site retrouve de l’attractivité. »
Comment expliquez-vous cette progression ?
« Il y a plusieurs raisons. D’abord, une stabilité dans la gestion, qui avait parfois manqué par le passé. Ensuite, des investissements importants pour remettre en état le bâtiment et améliorer l’offre de services. Nous avons notamment travaillé sur la qualité de la neige, qui avait pu poser problème auparavant. Nous avons aussi développé de nouvelles activités : la restauration, l’événementiel ou encore une billetterie dédiée aux comités d’entreprise. Sans oublier l’accueil des sportifs, du débutant jusqu’au haut niveau. »
Justement, quels profils fréquentent la piste aujourd’hui ?
« Ils sont très variés. Nos clients ont entre trois ans et parfois bien plus. Nous accueillons des personnes qui découvrent la glisse pour la première fois, mais aussi des compétiteurs. Certaines équipes viennent même s’entraîner ici pendant l’été. On peut citer l’exemple de la championne paralympique Cécile Hernandez, qui s’entraîne régulièrement chez nous. La piste permet donc à la fois la découverte et la préparation sportive. »
Le SnowWorld, c’est peu la piste d’échauffement avant de partir en montagne ?
« Oui. C’était d’ailleurs l’une des idées à l’origine du projet porté par l’ancien maire Jean Kieffer. L’objectif était de pouvoir s’initier avant de partir en montagne. Nous avons une école de ski comme dans les stations. Les enfants peuvent apprendre leurs premières sensations sur la neige. Nous accueillons aussi des scolaires, des entreprises ou encore des groupes pour des anniversaires. »
« La neutralité carbone en 2030 »
Le site s’inscrit aussi dans l’offre touristique d’Amnéville. Quel rôle joue-t-il pour le territoire ?
« Nous sommes la seule piste de ski indoor en France. C’est déjà un atout important pour l’attractivité du site. Les visiteurs peuvent venir skier le matin, puis profiter d’autres activités de la cité des loisirs, comme le pôle thermal. Amnéville accueille aujourd’hui près de cinq millions de visiteurs par an. Le SnowWorld participe à cette offre touristique globale. »
Le complexe est parfois critiqué pour son impact écologique. Que répondez-vous à ces critiques ?
« Il existe parfois une méconnaissance de notre fonctionnement. Aujourd’hui, notre consommation électrique représente l’empreinte carbone d’environ quarante Français sur un an. La consommation d’eau correspond à celle d’une dizaine de personnes. Depuis quatre ans, nous travaillons à réduire ces consommations. Nous avons déjà baissé notre consommation d’électricité d’environ 20 %. Nous utilisons par exemple une dameuse 100 % électrique et nous allons améliorer l’isolation du bâtiment en changeant par exemple les issues de secours. »
Quels sont vos objectifs pour les prochaines années ?
« Le groupe a un objectif clair : atteindre la neutralité carbone en 2030. Des actions sont déjà mises en place dans nos sites en Europe. Il ne faut pas oublier non plus que le SnowWorld représente une trentaine d’emplois à temps plein et participe à l’économie locale, avec des fournisseurs, des hôtels et des prestataires. Et puis, pour certaines personnes, c’est une vraie alternative aux sports d’hiver. Tout le monde n’a pas forcément les moyens de partir en montagne. Ici, on peut pratiquer le ski toute l’année. »
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le replay de Moselle Info du lundi 9 mars 2026.




