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« On n’a plus beaucoup de temps à perdre » : Frédéric Arpinon donne son ressenti sur la situation et le mercato estival du FC Metz

Après un mercato estival marqué par de nombreux mouvements, le FC Metz a débuté sa saison de Ligue 2 avec un effectif renouvelé et Luc Holtz aux manettes du club. À la trêve, les Grenats pointent à la 5ème place de Ligue 2. Frédéric Arpinon, directeur sportif du club mosellan, revient sur le recrutement, les départs manqués et les premières semaines de compétition.

Carnet à la main pour ne rien oublier, Frédéric Arpinon ne l’aura finalement même pas entrouvert pour consulter ses notes. Il faut dire que l’homme de 57 ans commence à avoir de l’expérience. Il vient de vivre son troisième mercato estival avec la casquette de directeur sportif du FC Metz. Une période de mouvements qu’il qualifiera cette année comme « la plus compliquée ». Dans un contexte économique tendu au sein du football français, il résume : « C’est un peu le football d’aujourd’hui. On voit qu’en France, il n’y a pas beaucoup de clubs qui ont les moyens d’investir et de faire des transferts, alors ça devient de plus en plus compliqué. »

Néanmoins, le directeur sportif se dit « satisfait dans la constitution de l’effectif » qu’il a réussi à créer avec son équipe. Le principal bémol réside dans les départs manqués : « On pensait que plusieurs joueurs allaient nous quitter et ils sont encore là, même si ce n’était pas voulu de notre part. Il y a des joueurs sur lesquels on voulait qu’ils sortent, il y en a d’autres qui ont voulu partir, et d’autres, c’était des opportunités. Ce n’était pas des joueurs dont on voulait se débarrasser, ça c’est clair. »

On le sait, le paramètre financier est important au FC Metz, avec des objectifs de vente. Cependant, le club grenat ne les a pas encore atteints. « Mais il y a un mercato en janvier, je ne suis pas inquiet pour ça. » Il poursuit : « On a un objectif qui est quand même prioritaire, c’est de monter, il faut retrouver la Ligue 1. Après, on verra, et on sait très bien que si on gagne des matchs, on est en haut, et si on a la chance d’être dans les clous à la trêve, ce ne sont pas des choses qui vont nous perturber. »

Le club grenat aurait pu vendre d’autres éléments cet été pour renflouer ses finances, notamment Pape Moussa Fall, auteur d’un très bon début de saison avec cinq buts et sélectionné pour la première fois avec le Sénégal. « Le président a refusé beaucoup de sollicitations pour Pape Fall. Je dirais qu’aujourd’hui, d’avoir un attaquant comme Pape Fall, c’est important quand on vise la remontée. »

Il poursuit : « Alpha Touré a été très sollicité, on a eu des offres. J’ai lu ou entendu des choses, mais Alpha n’a jamais voulu quitter le club […] parce qu’il sait très bien qu’il a encore des marches à franchir avant de devenir. »

Il évoque alors certains cas. Par exemple, Morgan Bokele : « C’était fait dans un club, et puis au dernier moment, ça ne s’est pas fait. Et puis, il y a Michel Mboula, ça c’était encore plus… je dirais, rocambolesque. Il y a eu aussi Ibou Sané. Mais ce ne sont pas des joueurs dont on voulait se séparer, c’était qu’à un moment, il y avait une bonne opportunité, il y avait une possibilité de prêt pour qu’ils progressent, et donc on était ouverts à ça. »

Les jeunes et le collectif du FC Metz

Ce qui a notamment marqué le mercato estival, c’est le nombre de jeunes ayant signé leur premier contrat professionnel : dix au total. « On n’est pas un club comme les autres, on est un club où on a une formation qui est importante et qui l’a toujours été à Metz. » Entre le centre de formation en Moselle, l’académie Génération Foot à Dakar et le club filial belge du RFC Seraing, il y a un juste milieu à trouver : « On doit faire attention à ces structures et on doit se servir de ce qui est fait. […] Si on travaille bien, on doit arriver à composer notre effectif de 60-70 % de joueurs qui viennent de ces différentes structures. » Signer autant de jeunes peut également s’expliquer par le fait que certains mastodontes du football européen n’hésitent pas à mettre le paquet pour récupérer les pépites : « Ça va très vite. »

Fred’ Arpinon a confiance en ses jeunes et se dit même rassuré quand il les voit évoluer, notamment après le match de la réserve contre Strasbourg, alors que le onze titulaire était intégralement composé de joueurs professionnels : « Je suis réconforté par rapport à ces choix, quand je vois la qualité des joueurs, la qualité du match. »

Avec de nombreuses signatures de contrats professionnels, le club mosellan compte désormais une trentaine de joueurs au sein de son effectif. « On a peut-être trois ou quatre joueurs de trop. » Des prêts sont envisageables : « On a beaucoup de jeunes joueurs, à nous de faire en sorte qu’ils continuent à progresser. »

Une chose est sûre et donne le sourire à Fred’ Arpinon : la saine ambiance qui règne au sein de ce groupe. « Je dirais qu’il y a longtemps que je n’ai pas vu un groupe vivre comme ça. Et ça me donne raison parce que quand on voit le dernier match… » Le directeur sportif cite notamment l’exemple du 2-2 contre l’ASSE : « On fait une première mi-temps équilibrée. Mais après, on a quand même un trou d’air qui dure… Et le fait de remonter deux buts contre une équipe comme Saint-Étienne, c’est qu’aujourd’hui, il y a un groupe qui vit bien et je pense qu’il y a une vraie force collective. Je pense qu’il y a longtemps que je n’ai pas vu un groupe vivre comme ça à Metz. »

L’ancien joueur du club à la Croix de Lorraine met cette dynamique en parallèle avec son expérience personnelle : « Je pense que ça fait partie de l’ADN du club : tu dois avoir un collectif fort et, dans ce collectif, bien sûr, avoir des individualités qui soient capables de faire la différence. Et il y a longtemps que je n’ai pas vu un collectif aussi fort. »

Luc Holtz et le début de saison

Le FC Metz est actuellement en position pour jouer les play-offs. Si le bilan comptable est de deux victoires, quatre nuls et une défaite, pour Frédéric Arpinon, le club aurait dû mieux faire : « Je dirais que sur les six matchs qu’on a joués, en enlevant Saint-Étienne, on aurait dû gagner les six matchs. Mais je ne dis pas qu’on méritait de les gagner, mais on aurait dû les gagner. Ce qui prouve qu’on a encore de la marge. On a encore beaucoup de marge. »

À la baguette de cette équipe, Luc Holtz. L’ancien sélectionneur du Luxembourg est encore à la recherche de la bonne formule pour performer : « Ce n’est pas facile quand tu arrives comme ça. Il y a beaucoup de jeunes joueurs que tu découvres. Je trouve qu’il fait son travail. » Il argumente : « Parce que ce n’est jamais simple pour un entraîneur quand il arrive de mettre ses idées en place. J’ai envie de dire qu’il faut du temps. C’est évident pour instaurer un style de jeu, sa philosophie de jeu, etc. »

Ce championnat de Ligue 2, jugé compétitif par certains, est « très serré ». À pareille époque, le FC Metz version Stéphane Le Mignan comptait deux points de plus que celui de Luc Holtz : « En termes de qualité, j’estime que quand on est monté avec Stéphane Le Mignan, la qualité des équipes était supérieure. »

Pour autant, le directeur sportif garde espoir concernant le travail réalisé avec le Luxembourgeois : « On voit qu’il y a quand même une volonté de jouer. » Mais attention tout de même : « On a trois semaines de trêve. On va travailler pour, même si on a beaucoup d’internationaux. Mais c’est clair qu’aujourd’hui, on n’a plus beaucoup de temps à perdre.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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