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Nationalisation d’ArcelorMittal : les salariés montent au créneau


Les salariés d’ArcelorMittal se déplacent à nouveau à Paris ce mercredi. Une mobilisation à l’appel de la CGT pour maintenir la pression sur les parlementaires. Les sénateurs doivent se prononcer sur la proposition de loi visant à nationaliser le groupe sidérurgique, adoptée en novembre dernier par l’Assemblée nationale. Une adoption qui avait surpris jusqu’au sein de l’hémicycle.

Une mobilisation en direction du Sénat

À l’initiative de la CGT, plusieurs dizaines de salariés mosellans prendront la route dès l’aube. Parmi eux, Christophe Jacquemin, représentant syndical CGT du site de Gandrange, qui partira à 5 heures avec huit collègues. Sur place, ils doivent retrouver des salariés venus de Dunkerque et de Fos-sur-Mer.

Objectif affiché : convaincre les sénateurs de soutenir la proposition de loi déjà votée par les députés. Le texte prévoit la nationalisation des actifs français du groupe, dans un contexte de tensions persistantes sur l’avenir de la sidérurgie en France.

« On doit continuer de convaincre », insiste Christophe Jacquemin, déterminé à faire entendre la voix des salariés.

Une issue incertaine au Sénat

L’examen du texte s’annonce toutefois délicat. Le Sénat, à majorité de droite, pourrait ne pas suivre la position de l’Assemblée nationale. Les chances d’adoption apparaissent limitées, même si les syndicats espèrent infléchir les débats.

En novembre, le vote des députés avait pris de court une partie de la classe politique et de la direction du groupe, relançant le débat sur le rôle de l’État dans l’industrie stratégique.

La direction met en garde

Dans un communiqué, la direction d’ArcelorMittal estime qu’une nationalisation des actifs français, séparés du reste du groupe, « ne pourrait qu’aggraver brutalement leur situation ».

Le groupe souligne que les sites français dépendent largement de leurs débouchés européens. Les sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer livrent aujourd’hui moins de 30 % de leur production sur le marché national, conséquence de la désindustrialisation.

« Sans les clients en Europe, sans les autres sociétés d’ArcelorMittal à qui nous livrons notre acier, nos sites seraient en bien plus mauvaise posture », indique la communication générale.

Un argument que contestent les syndicats, qui défendent l’idée d’un contrôle public pour garantir l’avenir de la production et de l’emploi. Le débat se poursuit désormais au Palais du Luxembourg.

Retrouvez toute l’actualité du territoire du lundi au vendredi à partir de 18 heures dans l’émission Moselle Info, et rendez-vous sur le site moselle.tv pour visionner nos reportages en replay.

Élisa Wittische
Élisa Wittische
Journaliste Reporter d'Images. Présentatrice de l'émission "Entre Nous".
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