spot_img

Le budget primitif 2026 de la Moselle adopté : récit d’une journée de débats

Le conseil départemental de la Moselle a voté jeudi, après une journée de débat, son budget primitif 2026 à 1 057 M€, tourné vers les priorités locales.

Plus de mille pages et 6 mois de préparation. « Je nous félicite d’avoir réussi », a exprimé plusieurs fois durant les débats le président Patrick Weiten devant l’unanimité de quasi tous les votes. À l’issue de la séance du Conseil départemental qui s’est tenue aujourd’hui, le budget primitif 2026 du Département de la Moselle a été voté. D’un montant global de 1,090 milliard d’euros, en dépenses et recettes (1,057 milliard hors crédits revolving), il marque une très légère baisse par rapport à 2025, reflétant un contexte financier contraint mais une volonté d’ambition pour les Mosellans. Présenté par les membres de l’assemblée, ce budget se veut « responsable » et pragmatique, intégrant les contraintes liées à la hausse des dépenses sociales et à la stabilisation des recettes de fonctionnement. Alors que celles-ci restent stables autour de 967 M€, les dépenses de fonctionnement, elles, augmentent (907 M€), notamment sous l’effet des politiques sociales, qui frôlent les 590 millions d’euros.

Marie-Louise Kuntze, vice-présidente à la Protection de l’Enfance a rappelé la « dégradation de la situation » pour les familles en souffrance et les enfants placés (près de 2300 mi-2025). « Nous devons pallier au mieux avec des moyens limités et le manque de soutien de l’État ». Le budget prévoit notamment la création de places en MECS et un plan sur 5 ans d’accompagnement renforcé. « Le budget du social a augmenté de 100 M€ depuis le début du mandat », rappelle Emmanuel Lebeau qui félicite un budget qui arrive à être solidaire tout en étant rigoureux. « Cela raconte une certaine idée de l’Homme, et de la Moselle. La solidarité n’est pas un supplément d’âme (…) nous avons choisi de ne pas détourner le regard ». Une mission pour analyser toutes les politiques sur l’enfance sera mise en place. « Jamais je ne proposerais un budget en diminution dans le social », termine le président.

« Ne pas baisser la garde »

Dans ce contexte, le Département a fait aussi le choix de maintenir un niveau d’investissement significatif pour répondre aux besoins du territoire. Environ 17% des dépenses sont dédiées aux investissements soit plus de 150 M€ hors crédit, dont 50 M€ de remboursement de la dette. Une enveloppe qui vise en priorité l’aménagement du territoire, l’entretien du réseau routier (39M€ d’investissement), la sécurité (avec l’inauguration de nouvelles casernes de pompiers) ou les infrastructures éducatives, avec deux nouveaux collèges (Stiring-Wendel et Saint-Avold) livrés en 2026. « On peut aussi retenir, dans les politiques de proximité de notre département, l’accompagnement du monde agricole », ajoute le vice-président à la Ruralité, David Suck, évoquant près de 2M€ en faveur du schéma départemental pour l’agriculture, ou encore l’événement Terres de Jim.

Le chef de l’exécutif départemental est aussi revenu sur plusieurs points « décidés depuis Bercy » et qui vont un peu plus contraindre le budget, comme la réforme de la taxe d’aménagement, qui menace aujourd’hui les CAUE. « Une catastrophe voulue par le législateur », et qui a amené Pierre Cuny a plaidé pour le cumul des mandats, afin de fabriquer des lois par « ceux qui ont les pieds dans la terre ». Le budget prévoit donc d’augmenter la part du Département dans le taux pour intégrer une prévision de baisse des recettes. Patrick Weiten qui veut aussi « ne pas baisser la garde » sur l’attractivité du territoire, mis à mal par certaines politiques nationale (comme les centres thermaux à Amnéville, le blocages du forage de gaz en Moselle, etc). Pour rappel, le Département ne peut plus lever d’impôt, et a plaidé pour une plus grande autonomie fiscale face à l’État.

Un vote quasi unanime

  • Lionel Fournier (PS), président du groupe des Socialistes. « Le budget s’inscrit dans un contexte contraint pour les départements. C’est certes moins pire que ce que nous avions envisagé mais les choix sont rendus difficiles par la baisse des ressources, les incertitudes de la TVA, les baisses des DMTO (…) Mais le vote d’un budget n’est pas neutre, il relève une vision du territoire ». Si le groupe s’abstiendra malgré un avis « globalement positif » : « il faudra résister face aux vents contraires qui vont se lever et rendre les budgets de plus en plus drastiques ». Malgré quelques questionnements, notamment sur le prix des cantines, Lionel Fournier veut « rendre hommage à l’action du Président sur le budget culture, vie sociale, jeunesse et sport, et pour cette sanctuarisation. C’est très bien pour lien social, quand on sait que d’autres départements tranchent à la hache dans ce budget ».
  • Julien Freyburger, président du groupe des Républicains. « Ce vote presque unanime traduit cette dynamique mosellane », dit-il en rappelant en effet la contrainte actuelle provoquée notamment par la dissolution de l’Assemblée nationale. Saluant l’effort de « préserver le bien commun », il relève que le département a inscrit « plus de la moitié de son budget pour les dépenses de solidarités, et ça ne s’arrêtera pas dans les années suivantes. Malgré cela, l’investissement reste d’un excellent niveau : le réseau routier, le soutien aux collectivités, nos collèges… Nous sommes allés au terme de notre programme Ambition Moselle, combien de départements peuvent se targuer d’avoir fait autant ? ». Un vote collectif « et sans réserve ».
  • Valérie Romilly, présidente du groupe des Indépendants. Rappelant elle aussi le contexte fragile car « jamais les Départements n’ont été dans une situation si contrastée », elle assène : « ce sont les collectivités territoriales de proximité qui tiennent la République debout, avec responsabilité, constance et conviction pour éviter qu’elle ne se fragilise encore plus ». Un budget « construit et assumé » malgré les arbitrages difficiles. « Nous restons le principal acteur de proximité là où l’Etat se désengage », bref un « budget responsable » adapté « aux réalités de notre département » et « à l’équilibre » contrairement au gouvernement. Là encore, c’est un vote favorable collectif.
Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Journaliste Reporter d'Images / Référent politique / Présentateur

plus de contenus du même auteur

spot_img

Nos derniers reportages