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Moselle. « Il n’a pas de c******* » : retraitée, elle pourchasse les propriétaires d’animaux maltraités

Bernadette Rohrer est le cauchemar des propriétaires maltraitants envers leurs animaux. Bénévole à la Fondation Brigitte Bardot, la retraitée sillonne la Moselle pour les confronter.

« Bonjour madame, c’est la Fondation Bardot, nous sommes là avec les gendarmes, vous pouvez descendre ? » Lorsque Bernadette Rohrer intervient en Moselle, le ton se veut ferme et intimidant.

Alertée par des témoins sur des situations de maltraitance, elle enfile sa casquette d’enquêtrice de la Fondation Brigitte Bardot pour convaincre les propriétaires d’améliorer les conditions de vie de leurs animaux.

Sauver les animaux maltraités en Moselle : entre menaces et diplomatie

Vendredi 13 février 2026, Bernadette Rohrer nous donne rendez-vous à Ottange pour la première intervention de la journée. Devant le portillon d’un jardin, elle pointe du doigt une niche assemblée artisanalement et destinée à un chien de chasse : « Nous avons reçu plusieurs signalements concernant cette affaire. Comme vous pouvez le voir, la niche n’est pas conforme à la réglementation. Logiquement une niche doit faire cinq mètres carrés. Je ne pense pas qu’il va apprécier parce qu’il est chasseur. Dans sa tête, un chien de chasse est fait pour vivre dehors. »

Il va alors falloir être diplomate pour le convaincre d’améliorer la niche. Mais c’est la mère du propriétaire qui ouvre. Le maître n’est pas là et le chien non plus. L’enquêtrice joint le propriétaire au téléphone, mais rien n’y fait, il ne viendra pas. Bernadette Rohrer interpelle la mère : « Il a reconnu que mercredi il était à la maison, il avait de la visite et le chien était sous la pluie. Donc c’est grave. »

L’un des policiers escortant l’enquêtrice bénévole s’adresse également à la mère du propriétaire : « Qui mieux qu’une maman peut inculquer un message de bienveillance ? » La mise en cause rétorque, visiblement émue : « Je lui ai dit ! Je n’arrête pas, je n’arrête pas… Je n’en peux plus. » Le message semble être passé. Les bénévoles continueront à suivre ce dossier de près, et la fondation déposera plainte pour mauvais traitements.

« On arrive toujours à trouver une solution »

À quelques kilomètres, la prochaine mission de l’enquêtrice Rohrer concerne une chienne de dix ans, constamment attachée. « Nous allons voir avec les propriétaires pourquoi cette chienne vit dans ces conditions-là », explique-t-elle.

Sur le pas de la porte, la retraitée tourne sur elle-même, téléphone à la main : « Je filme l’environnement », sourit-elle, avant de frapper. Cette fois, la porte reste close. Mais pas de quoi faire désespérer l’enquêtrice : « On arrive toujours à trouver une solution. »

Finalement, c’est par un habile jeu de contacts que la propriétaire de l’animal sera jointe. Cette dernière réside au Portugal, et rejette la faute sur son mari, le détenteur du chien. Au téléphone avec la femme, Bernadette Rohrer malmène l’homme absent : « À l’heure actuelle, il n’a pas de c*******. Exprès, il ne rentre pas parce qu’il a peur. »

Tous deux sont responsables aux yeux de la loi. En fin de compte, c’est le fils du couple qui promettra de reprendre les choses en main. À travers le combiné, une voix grésille : « Je vais faire de mon mieux pour arranger la situation, pour qu’elle ait plus d’espace au niveau du jardin et qu’elle soit en liberté. »

Bernadette Rohrer récapitule : « On s’est donné rendez-vous dans quinze jours. On va voir si, effectivement, la louloute peut être en liberté. » Un labeur quasi quotidien pour l’ancienne directrice de maison de retraite. Après avoir donné une grande partie de sa vie à l’humain, elle consacre désormais tout son temps libre à la cause animale.

Florent Arnold
Florent Arnoldhttp://www.moselle.tv
Journaliste Reporter d'Images

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