Treize ans après la mort de Sylvie Petitjean à Corny-sur-Moselle, son fils a été acquitté de matricide, et condamné pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
C’est une affaire qui aura duré très longtemps. Treize ans après la mort de sa mère à Corny-sur-Moselle, Julien Petitjean a finalement été fixé sur son sort. Poursuivi initialement pour le meurtre de son ascendant, il a été acquitté de cette accusation par la cour d’assises de la Moselle. Les jurés l’ont toutefois reconnu coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
L’homme a été condamné à une peine dite « mixte » de quatre ans d’emprisonnement. Dans le détail, deux ans sont assortis d’un sursis probatoire de trois ans avec obligation de soins, tandis que les deux années restantes seront exécutées sous bracelet électronique. À l’issue de l’audience, Julien Petitjean est ressorti libre du tribunal, évitant ainsi l’incarcération.
Son avocat, Thomas Hellenbrand, s’est dit satisfait de la décision, tout en rappelant la gravité du drame : « Lorsqu’une personne perd la vie, il n’y a pas de victoire. Maintenant, je suis satisfait de cette décision, qui met aussi un terme à une procédure qui a duré beaucoup trop longtemps. » Aucun appel ne sera formé par la défense.
Une affaire vieille de treize ans
Les faits remontent au 13 novembre 2013. Ce jour-là, Sylvie Petitjean est retrouvée morte, noyée dans la salle de bains de son domicile à Corny-sur-Moselle. Dans un premier temps, l’enquête ne met en évidence aucune infraction pénale et l’affaire est classée sans suite à l’été 2014.
Mais le 14 octobre 2015, rebondissement : Julien Petitjean se présente de lui-même à l’hôtel de police de Nancy, et affirme vouloir dire la vérité sur la mort de sa mère. Ses déclarations relancent l’enquête. Selon ses explications en garde-à-vue, réitérées à trois reprises ainsi que deux fois devant le juge d’instruction, il n’avait pas voulu tuer sa mère mais « lui retirer le mal qu’elle avait en elle ». Il lui aurait ainsi fait prendre un bain « pour l’aider » car elle était « possédée par une chose ». Une fois dans la baignoire, il l’avait immergée et avait bloqué sa respiration en lui mettant une main sur le nez et la bouche afin qu’elle perde connaissance et revienne à elle « normalement », une « manœuvre de dépossession » d’après ses termes, « non pas pour la noyer mais pour qu’elle se retrouve ».
Selon les informations fournies par l’AFP, au moment des faits, le jeune homme, âgé d’une vingtaine d’années, ne semblait pas être en conflit avec sa mère : il habitait chez elle et les deux étaient « complices », selon leur entourage familial. Les proches de l’accusé ont insisté sur son état de « grande fragilité » : dans les trois ans qui ont suivi la mort de sa mère, il a fait sept séjours en hôpital psychiatrique, où on lui a diagnostiqué une schizophrénie paranoïde.
Au terme du délibéré, la cour a retenu l’altération du discernement au moment des faits. Cette circonstance atténuante a pesé dans la décision finale : Julien Petitjean a été reconnu responsable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mais pas du crime de matricide pour lequel il était initialement renvoyé devant les assises.
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