Quatrième jour de mobilisation des lycéens ce vendredi. S’ils sont nombreux à regretter la violence de certains affrontements, tous souhaitent faire entendre leurs revendications. Des classes surchargées, des établissements vétustes, des profs non remplacés, voici quelques éclairages sur ce que demandent les jeunes.
Des établissements moins vétustes
Dans les cortèges les revendications sont diverses mais à Saint-Avold ou à Metz, elles se recoupent. Les lycéens déplorent d’une part l’état de leurs établissements. Au lycée Charles Jully notamment Lina affirme que pendant un contrôle “des bêtes nous sont tombées dessus” et son voisin, élève à Forbach ajoute
“nous avons déjà eu des chauves-souris dans notre classe, vous trouvez ça normal ?”
D’autres jeunes ajoutent avec force que parfois le plafond s’émiettent sur leurs têtes. Un autre encore : “au moment de passer le brevet, avec la chaleur qu’il faisait en classe, j’avais vraiment du mal à me concentrer”, lui heureusement a eu son diplôme mais tous regrettent l’état de leur établissement.
C’est la Région qui se charge de l’entretien et du fonctionnement du matériel dans un lycée public. La Moselle en compte environ 80. Dans un entretien ce jeudi 1er octobre, Franck Leroy affirme se préoccuper de l’état de ces établissements. Il précise :
“Nous avons fait ces dernières années énormément de travaux visant notamment à limiter les coûts énergétiques”.
Lui, comprend les regrets de certains quant à l’état des établissements mais il l’assure : “nos lycées sont globalement dans un bon état. Il y a certes des travaux qui ont pris du retard”. Mais pour lui cette revendication de la part des lycéens n’explique “en rien” la violence de certains agissements : “ce n’est pas une raison pour brûler des lycées quasiment neufs ou qui ont fait l’objet de dizaines de millions d’euros de rénovation” ajoute Franck Leroy, président de la région Grand Est. Lui déplore « un million d’euros de dégâts dans le Grand Est » suite aux mobilisations lycéennes.


Plus de professeurs et de fait, des emplois du temps moins chargés
Autre point de tension selon les élèves, des emplois du temps à rallonge et des trous trop fréquents à cause du manque de professeurs. Jade est au lycée Sainte Chrétienne à Saint-Avold, “ça nous arrive d’avoir cours de 8h à 9h puis de reprendre 5h plus tard parce qu’on n’a pas de professeur, mais on termine quand même à 17, 18h”. En entretien ce jeudi, Franck Leroy le président de la région affirmait avoir pris connaissance avec plusieurs chef d’établissement et selon lui “aucun poste n’était vacant à la rentrée”. Du côté des syndicats, sans avoir de chiffre précis pour la Moselle et ses établissements, Agnès Bragard, secrétaire départementale du SNES-FSU l’affirme : “dans mon établissement au lycée de la communication à Metz, il nous manque une infirmière scolaire alors que notre établissements compte 1 400 élèves et une centaine d’élève. Il manque des CPE, il manque des enseignants”. Elle déplore aussi une hausse des démissions, l’an passé il y en aurait eu une trentaine sur le département selon un délégué syndical. Et si les emplois du temps s’allongent c’est aussi lié “au sureffectif, les établissements ne sont pas extensibles” poursuit la secrétaire départementale du SNES-FSU. Lina rencontrée à Saint-Avold est lycéenne en filière générale, et elle constate dépitée :
“il faut parfois faire cours dans les ateliers des élèves professionnels”
par manque de place. Plusieurs jeunes se plaignent aussi de classes surchargées.
Parcoursup : un système trop stressant
Autre point sensible scandé par les lycéens à Metz notamment : Parcoursup. Catherine Larangeira de la fédération des Conseils des Parents d’Élèves des Écoles Publiques précise que “pendant deux années, la première et la terminale, toutes les notes comptent. Il y a aussi les commentaires des enseignants qui sont très suggestifs et ne reflètent pas toujours la réalité.” Elle poursuit :
“les jeunes avec Parcoursup ne savent pas jusqu’au dernier moment ce qu’ils vont faire l’année d’après.”
Elle souhaiterait un meilleur accompagnement des lycéens et pourquoi pas des clés pour apprendre à gérer leur stress. Une chose est sûre, la fédération appelle au dialogue entre lycéens et chefs d’établissements. Les parents d’élèves soutiennent le mouvement lorsqu’il demeure pacifique. Catherine Larangeira poursuit : “j’invite les lycéens à faire remonter leurs doléances à leur chef d’établissement pour savoir l’état de chaque établissement, pour avoir une vision claire.”
A Metz, les étudiants de la faculté ont rejoint les lycéens, ils appellent à une manifestation nationale le 6 octobre. Les autorités quant à elles, espèrent une accalmie avec les vacances de la Toussaint, dans 15 jours.
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